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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 21:33
On croit toujours qu'on peut laisser des empreintes claires, délimitées. La preuve que non : l'élan de la marche fait que nous projettons beaucoup de matière au devant de nos pas, que nous laissons beaucoup de regrets derrière, du moins des souvenirs.
Parmi les souvenirs que je n'avais pas mais qui m'ont tout de même précédée, ce travail de Luc Delahaye, ancien reporter de guerre, qui fit ces photographies de visages dans le métro (Merci à Xavier Schwebel de cette découverte). Des photographies prises à l'insu des voyageurs, des voyageurs statufiés dans leurs pensées, leur fatigue. J'ai retrouvé l'absence à soi-même des gisants : des corps inhabités, seulement transportés.
L'écart entre deux démarches, et comment leurs traces se rejoignent d'une façon que le hasard s'empresse de justifier : car dans ces deux approches du visages de l'autre, bien sûr, on pourrait dire que l'une est clairement photographique et l'autre ne l'est pas (c'est à peine si je sais appuyer sur le bouton qui déclenche). Mais il y a surtout deux arts du modelage : d'un côté, constitution d'un masque mortuaire à même la face de l'autre, de l'autre, appréhension du visage non par ce qui est visible en lui mais par ce qui en permanence le touche : des mains, des mots.
A chaque fois des empreintes où recueillir l'absence.

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Published by cécile portier - dans A mains nues
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