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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 14:20
C'est toujours quand il est tard, quand l'un des deux dort presque, que l'autre dit des choses importantes.
Dans un demi sommeil je l'entends.
"Mon grand-père avait des mains énormes, tu sais. Des mains avec des doigts tellement gros qu'il ne pouvait pas complètement les plier. C'est qu'il avait beaucoup de corne partout sur les mains. Tellement de corne que ses mains étaient insensibles, ou presque : il pouvait attraper de la braise à mains nues."
Par cette étrange équivalence des visages et des mains que je prends comme postulat (comme pari?), j'entrevois Moïse enfant portant une braise à ses lèvres, se désignant ainsi comme le proférateur futur d'une parole qui brûle. La cicatrice qui suivit, celle qui devait le dévisager, on se doute qu'elle doit être  importante dans le statut donné (refusé) à la figuration.
Le sommeil m'emporte presque, et il ajoute :
"Il avait une cicatrice. Une grosse boule qu'on aimait bien toucher quand on était mômes. C'était un éclat d'obus qui lui était entré là, qui y était encore".

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Published by cécile portier - dans A mains nues
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