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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 06:35



Quand nous marchons dans les couloirs du métro, des yeux nous regardent. Des yeux de papier prisonniers de leur affiches nous matent sans vergogne, nous font les gros yeux, nous font de l'oeil.


Nous, polis : on leur répond. On les regarde.


On ne sait plus où donner de la tête.

Et pendant que les yeux embusqués des images nous charment, nous appellent, nous oublions de nous regarder les uns les autres, nous les passants de chair, pas encore collés au mur.


Nous oublions cela, la réciprocité du regard.

Nous, nous regardons les images, car elles nous sourient plus facilement. Elles nous distraient mieux.

Ce qui laisse tout loisir aux petits yeux de verre pour nous regarder, nous les passants de chair.



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Published by cécile portier
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commentaires

Hugo Lanvin 24/04/2009 19:42

Chère Cécile, c'est bien vu. N'y aura-t-il bientôt plus à Paris que les affiches du métro pour regarder ceux qui y circulent ?

Les ailleurs se ressemblent, ou pas. Paris fait ainsi contraste avec Bruxelles. Les regards dans le métro - et plus encore dans le tram - y sont bien vivants. Là, l’intérêt pour l’autre existe et ne se dissimule presque pas, le jeu des curiosités et des désirs s’y lit sans fard ou presque. Ca ricoche moins, ça accroche plus.

Varsovie la polonaise, elle, est en mue. Depuis quelques semaines, l'unique ligne de métro se veut ultra-moderne. Des écrans plats lumineux ont envahi non seulement les quais mais aussi les rames elles-mêmes. Projetant publicité et divertissements, ils illustrent à la perfection la mue que le capitalisme opère sur les rapports sociaux. Les amis ne qui voyagent ensemble ne se parlent plus que de façon distraite. Les hommes et les femmes ne s'observent plus que de manière molle. C'est que l'on risquerait de manquer tel ou tel flash qui défile, à quelque trente centimètres au-dessus de nos têtes. Chacun lève donc le chef dans l'angoisse de ne rien manquer. Drôle de vision, sentiment de solitude.

cécile portier 25/04/2009 21:44


Merci Hugo pour ce regard ouvert sur les autres villes.  Une amie habitant Hong Kong m'a dit qu'elle allait réflechir à m'envoyer des mains de là-bas, j'espère qu'elle le fera, et qu'elle
nous dira ce qu'il en est du rapport aux images et aux autres là-bas. C'est certain que nous avons quelque chose d'important à préserver dans ces regards à échanger en espace public. Quelque
chose de politique, quelque chose d'humain.
A bientôt


Zoë Lucider 18/04/2009 16:10

C'est juste, ces yeux de papier sont là pour nous distraire, nous empêcher d'observer ce et ceux qui nous regarde(nt.
Ravi de vous découvrir)

Christophe+Borhen 18/04/2009 08:58

"L'oeil écoute", disait Claudel - à voir...

En outre, les oreilles sont parfois des murs.