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Sur la question de la mise en forme, toujours, j'ai aimé vraiment le dernier livre de Philippe Annocque, Liquide. Celui dont il est question dans ce livre, (le personnage, l'individu, le celui qui n'est pas le
narrateur, comment le qualifier? ) est tellement apte, tellement adapté, tellement adaptable, que de forme propre il n'en a pas. Il devient ce que le contexte fait de lui. Jusqu'à ce que le
contexte se lasse d'en être un et le laisse s'échapper, s'assécher.
Pour moi c'était comme un plaisir de cousinage de lire ce texte, avec l'indétermination comme personnage principal. Quand j'ai écrit Contact, c'est sur une route que j'ai placé un personnage similaire, tentant de suivre une trajectoire au choix
illusoire. Philippe Annocque rend l'immobilité du fluide encore plus criante : là, le personnage est assis devant une eau qui coule, et vers où ne sera jamais vraiment la question.
Et qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, exactement, qu'on soit plusieurs, au moins deux, mais évidemment beaucoup
plus que ça, à se poser cette même question, non pas franchement celle de l'identité, mais celle de la relation à l'autre, et comment ne pas le prendre ni pour un récipient,
ni pour une destination?
Comme en biologie, bien plus important que de savoir qui est là dans les écosystemes c'est comment circule l'energie (les relations) entre les différents organismes....
Et nous humains on est fait de ça on se nourrit de ça: de nos relations aux autres...
Et Albert Jacquard à bien résumé: je suis les liens que je tisse avec les autres.
D'autres livres qui posent aussi cette question des liens il y a La horde du contrevent de Alain Damiaso et les 4 tomes de Hypérion et Endymion de Dan Simmons
Merci Perrine pour ce regard de biologiste sur cette question de relation. Cela me fait penser à un autre très bon livre lu récemment, Sphex, de Bruce Bégout. Mais alors là, l'écosystème humain est bien dégradé dans cet univers... le nôtre, en fait.
A bientôt, et que le champagne continue de couler à flots, comme les paroles bienveillante sur votre beau livre