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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 13:54


Aujourd’hui, Nathalie a commencé une nouvelle mission.

L’intérim, ce n’est pas vraiment son choix, mais ça s’est fait comme ça.

Il y a eu sa première grossesse. Puis un congé parental, suivi d’un temps partiel pour le mercredi. Il y a eu la seconde grossesse, puis, entre la seconde et la troisième, le divorce, une période de chômage, pas longue mais ça suffit pour faire un trou dans le parcours. Puis la troisième grossesse, et de nouveau quelques mois après, licenciement. Pour cause économique, s’entend.

Disons que ces pointillés, elle en a conscience, ont réduit son employabilité. C’est qu’elle commence à avoir l’âge qu’elle a. Et c’est un peu pour ça que l’histoire de l’arrêt projeté des bonifications de retraite pour les mères de familles ne la laisse pas indifférente.

Alors l’intérim, pour l’instant, c’est la bonne solution. Et pour la chronique de cette vie fictive, c’est une bonne solution aussi, ça permet de changer de décor. Tandis que vissée à son emploi à vie, Nathalie serait moins crédible et offrirait moins de rebondissements.

Donc, nouvelle mission.  Maintenant, elle remplace les congés maternité des autres.

Elle a mis ce matin sa jupe droite beige, son chemisier blanc, son collier Agatha, classique mais pas trop.

Elle a pris le métro à la station Porte de Bagnolet  à 8h35 après avoir laissé Léa à l’école, et elle a pris toute la ligne 3, jusqu’à Saint Lazare. Elle a pu s’asseoir, elle a pu lire (elle a presque fini le dictionnaire Khazar). Elle a pris ensuite la toujours bondée ligne 13, mais beaucoup plus praticable dans le sens Paris/Banlieue.
31 grammes de CO2 plus tard, elle est descendue à Mairie de Clichy et après six minutes de marche, elle est arrivée devant le 41 rue Martre. Il était 9h24, elle avait rendez-vous à 9h30 pour sa prise de poste, OK.

En passant la porte de l’immeuble Nathalie a eu le sentiment que sa jupe était démodée, ses cheveux plats, son chemisier plus tout à fait assez blanc, son allure générale pas du tout satisfaisante.

Je suis forcée de dire que ceux ou celles qui trouveront dans quelle entreprise travaille Nathalie désormais n’obtiendront aucun produit de la dite entreprise en cadeau. Un indice : ce n'est pas chez Lorenove.

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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commentaires

delest 23/09/2009 23:54


Que penser de cette pensée des fréres de Goncourt, pour qui "la statistique est la première des sciences inexactes" ?
Sinon - précision peut-être inutile, je ne sais - je me sens en parfaite symbiose avec l'idée que Nathalie "offre plus de rebondissements".


cécile portier 24/09/2009 13:20


Des petits rebondissements, je précise. C'est bien spécifié dans le post Miroirs. Donc ne rêvez quand même pas trop


PhA 22/09/2009 16:03


Et ça fait une vie.
(Tiens, j'ai pensé par instant à CV roman, de Thierry Beinstingel. L'avez-vous lu ?


cécile portier 23/09/2009 12:49


Vous,vous voulez décidément que je me ruine en frais de librairie (comme d'autres en frais de bouche)! Evidemment, vous avez piqué ma curiosité.


dominique boudou 22/09/2009 12:31


Je pense à Perec, parfois, en vous lisant.


cécile portier 23/09/2009 12:48



Chic! ce sont des pensées qui me font chaud au coeur



virginie 22/09/2009 09:27

Quelle est triste la vie des femmes au travail (celle des hommes l'est aussi, mais différemment). Moi aussi j'ai été licenciée après mon congé parental. Pour cause économique, s'entend. Et si j'ai gagné aux prud'hommes, ils n'ont pas été jusqu'à juger sur le fond, mais sur un défaut de présentation à la médecine du travail entre ma réintégration 8H45 et mon licenciement 9H30. Qu'ils m'aient forcée à travailler pendant tout le congé de maternité entre les têtées et les insomnies, n'a pas choqué les conseillers prud'homaux puisqu'après tout il n'y avait pas préjudice, j'avais retrouvé du travail. Alors de quoi se plaint-elle?
Mais non Nathalie, votre jupe est parfaite et vous les valez bien tous ceux qui penseront le contraire.

cécile portier 22/09/2009 10:56


Oui, moi ce qui me rend triste c'est d'inventer une fiction qui soit si proche du réel. Même si c'est cela que je cherche, sur certains sujets je voudrais qu'on me dise que j'exagère.