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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 21:07

disparue, personnage de fiction

Pas loin de 10 000 personnes disparaissent en France chaque année. Que dans le lot se glisse un personnage de fiction n'est pas improbable. N'est pas improbable non plus que ce personnage de fiction refasse surface un jour, de son propre mouvement, ou à l'issue de recherches assidues.

Les motifs de sa disparition nous échappent. A t-elle été enlevée? Un commentateur par exemple? Je n'ose le soupçonner : ils sont rares et de bon aloi. Mais enfin, si jamais, qu'ils se signalent.

Mais alors si ce n'est pas contre son gré qu'elle part, qu'est-ce qui la pousse? Sa vie de famille lui est douce, pourtant. Autant qu'on le sache, avec des hauts et des bas, qui n'en a pas.

L'horripilait, peut-être, d'être ainsi surveillée, décrite, tracée. Comme nous tous écrite de l'exterieur d'elle-même. La fascinait, peut-être, l'horizon d'invisibilité et la liberté que cela lui donnerait de l'atteindre. Mais atteint-on l'horizon? Disparue, la voici non pas rayée des cadres mais au contraire inscrite dans de nouveaux fichiers, plus pointilleux, moins oublieux encore que les autres.

Elle reviendra, j'espère. Elle reviendra car elle a encore à prouver cela, qu'écrite de partout elle reste un mystère.

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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commentaires

Trucmuche 07/06/2010 09:46


On me signale qu'une personne de sexe féminin, née le 31/05/1971, se serait présentée hier aux urgences de l'hôpital Saint-Louis (Paris), se plaignant de vertiges. Il était 15h43. L'infirmière
d'accueil lui aurait trouvé un score de Glasgow de 14. La personne aurait donné des papiers d'identité, mais n'aurait pas réussi à donner le jour de l'année ni le mois en cours (ni le nom de
l'actuel président de la république, mais la significativité de ce critère est discutée). En revanche, elle aurait récité sans difficulté plusieurs poèmes de René Char (identifiés comme tels par un
SDF qui avait réussi à s'introduire dans la pièce d'examen en utilisant le code des pompiers). La patiente aurait été vue par un médecin à 17h12. Celui-ci aurait diagnostiqué un trouble de type F
60.3 ou F 60.5 selon la Classification internationale des maladies (CIM10) et aurait voulu en discuter avec le psy. Le dossier de la patiente mentionne ensuite simplement que celle-ci aurait fugué
dans la nuit (son dossier est administrativement clôturé à 8h40 avec la mention "fugue"). Mes recherches pour en savoir plus, notamment sur la femme qui accompagnait la patiente et que l'agent
d'accueil dit avoir vu pendant plusieurs heures regarder des extraits de Rolland Garros sur le poste TV de la salle d'attente en mangeant des chips, ont été boostées par le médecin de garde qui m'a
recommandé en toute amitié de faire la queue pour être examiné à mon tour.


cécile portier 07/06/2010 15:00



Mais tout cela est bigrement intéressant et relance l'affaire en l'opacifiant un peu plus... Il faut y regarder de plus près... Notamment, une question me taraude... De quelle marque était le
paquet de chips? Une fois ce point éclairci nous pourrons relancer les recherches. Car, merci de l'avoir compris, Nathalie Pages n'a pas du tout passé l'arme à gauche



Depluloin 10/04/2010 20:06


Ah mais si j'avais lu! Mais je croyais à une pose dans votre écriture. Ce qui semble être le cas d'ailleurs? Cela dit, si c'est une fin, elle est excellente. Les statistiques des personnes
disparues... une sorte de retour aux sources, au néant...


cécile portier 11/04/2010 20:56



une pose, ou bien une pause? Les deux peut-être



Virginie 09/04/2010 13:52


Moi,ce que je constate c'est que vos personnages de papier, ou de pixels, ont un peu la bougeotte. Un jour ou l'autre, ils prennent la tangente, rêvent d'une herbe plus douce ailleurs, au bout de
la route. A cause de vos chaises empilées et rouillées, tout à coup je songe à la vie de Camille Claudel décrite dans la Robe Bleue, magnifique ouvrage de Michèle Desbordes. Camille s'assoit et
attend, des heures durant, pendant trente ans.


cécile portier 10/04/2010 13:19



En voilà une au moins qui n'a pas la bougeotte!



Hugo LANVIN 09/04/2010 12:32


Je m'interroge. La disparition de Nathalie remonte maintenant à deux semaines. Quinze jours, ce n'est rien dans la vie ordinaire. Mais quinze jours dans un repli du monde, cela est le signe qu'il
se passe quelque chose d'important.
Il ne fait à mes yeux aucun doute qu'il s'agit d'une disparition volontaire. Nathalie a certainement décidé de s'écouter. Comment nous lecteurs pourrions-nous être naïfs au point de penser qu'elle
se dirait tout entière dans les chiffres qui l'entourent ? Et dans son petit train-train quotidien métro-boulot-momo-dodo ?
Bref, j'ai confiance. Je ne sais pas si Nathalie va nous revenir, mais je suis sûr qu'elle est en train de suivre son chemin secret. A vrai dire, nous ne savons pas grand-chose d'elle. Cette femme
m'intrigue. Bon, c'est peut-être une projection de lecteur (après tout, depuis le début, j'éprouve ce sentiment étrange et pénétrant de connaître son visage, de l'avoir vu quelque part. Où ? Dans
quelle vie ?).
Hors de question de la chercher. Respectons sa liberté. Même si, habitant Bruxelles, je vais quand même ouvrir l'oeil. Après tout, qui sait ? cette ville ne manque pas d'attraits. Nathalie aurait
pu venir se trouver ici dans l'écart.
Vraiment, tout ça a une saveur de printemps.


cécile portier 09/04/2010 12:54



Merci de voir dans son absence une échappée volontaire. Elle reviendra, j'en suis presque sûre. Elle prend du champ pour ajuster la focale, être plus juste, et pour cela elle a besoin de passer
par le flou.



Gilbert Pinna, le blog graphique 01/04/2010 17:43


"... écrite de partout" comme on dit griffée de partout, éreintée de partout, aimée de partout ?


cécile portier 01/04/2010 21:41



Comme on dit tout cela, oui, sauf que les indicateurs sont des amants froids