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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 20:27

fabrique d'ordres 

Récompenses et médailles : aboutissement de toute une société d'ordre. Nathalie Pages a eu son lot de brevets et diplômes, petit lot, certes, mais elle y tenait. De demi-point en demi-point attribués, elle se sentait grandir. Elle se sentait appartenir. Et plus la coupe est grande, plus on s'y reflète dedans, et tout le groupe dans lequel on s'insère s'y reflète avec soi. La fabrique d'ordres fait de la belle ouvrage : elle façonne les individus en même temps que les rosettes d'honneur qui les ponctuent : petit point final sur la boutonnière. La fabrique d'ordres nous fait exister, parce qu'elle nous classe.
Cet artisanat très efficace a bien des mérites : si chaque chose est à sa place, c'est bien la preuve qu'il y a une place pour chaque chose.
Sauf que ce syllogisme semble un peu fragile ces derniers temps, et qu'il n'est pas si certain que les places libres ne soient pas déjà et toujours réservées.
Nathalie voudrait bien qu'on lui indique l'adresse d'une autre boutique, où l'on fabriquerait autrement la reconnaissance, la connaissance.
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commentaires

G

Dans la vitrine, tous ces miroirs, trop de reflets... Nathalie Pages serait mieux inspirée d'ingurgiter à fond, et sans réserve, une grande bouffée d'air du matin cinglant.


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C

inspiration...


C

J'aime son réflexe, aller acheter. Ah Nathalie...


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D

Superbe!

(Pour ma part, ayant calculé ma retraite, dans dix ans donc, je me suis surpris à lorgner sur l'Académie française! Du travail d'écriture en perspective et des visites à faire mais le jeu en vaut
la chandelle!!)


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D

Cette boutique reste à construire, et la maison d'à côté aussi, et la rue et le village et....
Nous sommes condamnés à y croire !


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C


une brique, et puis l'autre, et puis l'autre...



D

Nathalie serait bien inspirée d'éviter ce genre de boutiques, à mon avis. Les médailles ne reconnaissent que la vanité de celui qui les porte. On peut se satisfaire d'être récompensé par une
caresse exquise, des mots mystérieux, un rayon de soleil. Certains se contentent même d'une santé solide et d'un lit sans aspérités. La fantaisie, l'imaginaire, le doute créateur sont le seul ordre
qui vaille et qui console.


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C


oui, le doute créateur. En voilà un sacré tyran