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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 21:11

 

 

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J'aurais bien pu y aller, toute cette semaine, au lycée. Pas pour mener ateliers d'écriture : à l'intérieur il n'y avait pas d'élèves, ou peu. Mais je me suis posé la question, dois-je y aller quand même, aller voir, témoigner de ce blocage parmi d'autres? Et puis non, je n'y suis pas allée. Parce que, quoi? Qu'aurais-je pu voir et en dire, dans ce feu de l'action si facile à scénariser? Qu'aurais-je pu voir et en dire qui donne justice à ce qui se passe? Et de quel droit l'aurais-je dit? J'aurais peut-être pu faire quelques photos de poubelles qui crament. J'aurais pu faire la subtile, séparer, devant la grille du lycée, ceux qui viennent pour casser et puis les autres. J'aurais pu gloser sur la jeunesse. Mais je n'en connais rien d'autre que la mienne qui s'éloigne et celle de mes enfants qui se dessine à petits traits. C'est bien pour cela que je suis heureuse de faire cette résidence en lycée, pour m'approcher d'une classe d'âge que dans ma vie actuelle je ne fréquente pas, pour m'en approcher seulement, sans chercher forcément à avoir à en dire quelque chose, mais avec la ferme intention d'aller voir les personnes derrière le rideau de discours tout préparés et un peu rances qu'on nous sert régulièrement. Eh bien alors, c'était le moment? Non, ce n'était pas le moment. Ce n'était pas le moment car je crains beaucoup l'intérêt (dans tous les sens du terme) qu'on pourrait trouver à interpréter ce type de témoignage, à y trouver des preuves supplémentaires pour des opinions déjà faites.

Donc, planquée? Peut-être bien. Je n'ai jamais eu d'autre impression où que j'aille et quoique je fasse, que celle-ci, de n'être pas où les choses se passent. Mais c'est dans ce vide, peut-être, entre là où l'on est et là où les choses se passent, qu'il y a possibilité d'écriture.

Donc, la seule chose qui a cramé pour moi cette semaine, c'est le feu périphérique de ma gazinière.

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Published by cécile portier - dans compléments d'objets
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commentaires

valérie 01/11/2010 14:37


voila , je viens de lire les textes de "désordonné" , ttes les 2 lignes je faisais "oh" ou "ah " , et puis je lis aussi celui là et j'ai envie de prendre la fuite , c'est un trésor qui me brûle
déja bien plus que le bout des doigts .
mais c'est trop tard , mon coeur frissonne et s'adonne à l'onctuosité des rêves qu'ont trempé longtemps dans le venin .


cécile portier 02/11/2010 21:19



le venin des rêves, le sang de la vie



Zoë 31/10/2010 20:08


L'important est d'être présent à ceux qui nous approchent. Se tenir à distance quand on n'a rien à dire, voilà qui est sage.


cécile portier 02/11/2010 21:17



Rien à dire, je ne sais pas. Juste une question de dosage entre différentes sortes de malentendus possibles



L'entrée des Sauvages 27/10/2010 00:38


Je pense que la distance mise entre soi et un évènement n'est pas une aune à laquelle doit se mesurer l'implication d'un individu et chacun doit être libre de la forme que revêt cette implication.
(Implication dans le sens d'"être au monde"). Ecrire, c'est forcément être impliqué, c'est forcément être au monde; cela ne peut pas être un retrait. (enfin je crois).
J'ai enfin pu lire Contact. Cela fut étrange de lire cette histoire sur le strict plan de l'histoire qui rejoignait une anecdote personnelle. J'ai cependant pu mettre rapidement de côté l'aspect
"je l'ai vécu" et apprécier la route, le trajet de votre écriture. Merci.
(Je crois qu'il y a une faute dans la postface, hospice au lieu de auspice. Ou alors voilà une phrase que je n'ai pas comprise.)


cécile portier 02/11/2010 21:14



Merci pour cette lecture et pardon de répondre un peu tardivement. Pour la postface il faudrait que je regarde, vous avez sans doute raison, mais je dois vous avouer que je n'ai plus d'exemplaire
de mon bouquin chez moi, c'est un peu la misère... (Au moins un endroit où il est épuisé!)



Chr.Borhen 26/10/2010 11:23


Je suis comme vous, chère Cécile : je dis (et j'écris) gazinière. Ma mère, quant à elle, parle toujours de cuisinière. Décadence ou progrès ?


cécile portier 02/11/2010 21:12



La cuisinière, c'est moi (sur l'air de Flaubert à propos de Madame Bovary)



delestet 23/10/2010 10:31


Et malgré ce petit feu, tes textes sont attachants. C'est vraiment à n'y rien comprendre !


cécile portier 23/10/2010 13:34



C'est à cause du fond de la casserole : beaucoup trop sensible