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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 16:43

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Devant sa propre vie, avoir le sentiment, invérifiable mais tenace, qu'il s'agit d'un même document, bien que composé de nombreuses notes aux objets divers. Un gros rapport, en somme, bourré d'annexes, de notices techniques. et comportant des renvois à plus tard innombrables. Néanmoins, les rendus intermédiaires étant parfois requis, on se retrouve contraint de faire tenir ensemble ce qui déjà s'est accumulé. 

Qui s'est déjà essayé à attacher une liasse au moyen de la reliure à spirale comprendra sans doute la gageure.

Première étape, cruciale : choisir le bon diamètre de la spirale. Trop petit, les pages s'échapperont rapidement, trop gros, et le rapport paraitra aussi présomptueux qu'il est mince. 

Seconde étape : la perforation des feuilles. Il faut procéder généralement par petits paquets, au risque sinon d'empêcher les dents de la perforeuse d'opérer. Cela est fastidieux, comme toute chose requérant méthode et patience. Fastidieux et périlleux : car, si entre deux paquets le calage n'est pas exactement identique, ce sont deux morceaux de vie irrémédiablement décalés. 

Ultime et décisive étape : enfiler toutes les languettes de plastique dans tous les trous alignés. Généralement les languettes rebiquent et les trous récalcitrent. 

Bref, l'exercice est harassant. Harassant mais nécessaire. Car ce n'est qu'une fois que la reliure est refermée, et le document ainsi présenté sous sa couverture transparente, qu'il devient crédible. Vous avez beau savoir, vous le producteur du document, que l'unité existait déjà dans tout ce fatras de feuilles volantes, vous ne devez votre unité qu'à l'artifice somme toute bien pauvre de la reliure à spirale.

Tout ça pour dire, que je m'apprête à rajouter quelques pages de couleur différente à la liasse, et que je me prévois quelques soucis au calage de la perforeuse. 

En clair, je suis, malgré ce petit souci technique, très contente d'annoncer ici que je vais dans peu de temps débuter une résidence d'écrivain grâce à un dispositif proposé par la Région Ile-de-France. Changement temporaire de vie, pour me consacrer à l'écriture plus... resserrée ?... de l'histoire de Nathalie Pages : encore une vie, en effet, dont les feuillets s'envolent et pourtant s'épousent. Je retracerai, certainement sous des formes différentes, partie de ces nouveaux feuillets (les miens, ceux de Nathalie) ici, mais aussi sur le site de remue.net qui propose un bel accueil aux auteurs en résidence. (Vous pourrez aussi suivre les autres résidences ici.)

Quant à relier, relier, relier, dans ce projet avec le Lycée Henri Wallon d'Aubervilliers,  j'en vois l'idée pas seulement pour ma propre vie, et je voudrais bien que ceci contribue un petit peu à ce que soit abandonnée la tentation facile et aujourd'hui très appuyée d'arracher certaines pages de notre vie collective (Et tant pis si, sous la couverture transparente, nous ne trouvons pas de titre).

 

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Published by cécile portier - dans compléments d'objets
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commentaires

delest 31/08/2010 09:40


Voilà une bonne nouvelle pour la pauvre Nathalie. Son sort n'étant point net, il convenait effectivement de se remuer. Bon, c'est chouette de penser que la fiction peut, l'espace d'un moment, faire
déguerpir le réel comme un gamin mal intentionné. Bravo à vous, M'dame. Que votre talent reconnu nous dispense ces rêves et ces mots - dont la déglinguitude en cette pauvre rentrée nous fait
mesurer à quel point ils sont indispensables.


cécile portier 31/08/2010 11:10



Merci à vous, Delest. On va donc tenter de se remuer un peu, car la déglinguitude ne se soigne pas par l'engourdissement.



Zoë 27/08/2010 22:35


Après une éclipse, je reviens pour de bonnes nouvelles. Résidez et résistez, car résister c'est créer, ce n'est pas moi qui l'affirme mais Miguel Benassayag. Tous mes voeux donc.


cécile portier 28/08/2010 13:31



Merci Zoé, de bien lire comme cela ce projet. J'essaierai d'en être à la hauteur.



Cécile 23/08/2010 13:43


Doit-on comprendre que l'on te verra moins à l'ombre des tours ? Quel dommage, mais quelle hâte de lire la suite des aventures de Nathalie !


cécile portier 28/08/2010 13:32



A l'ombre des tours il y a de nombreuses ressources pour Nathalie, donc on se verra quand même, je viendrai en usagère! Mais pour l'instant je ne suis pas encore passée de l'autre côté du
miroir...



Juliette Mézenc 23/08/2010 12:40


petite racine est contente et nous donc ! hourrah hip hip hip alleluia tchin hic heu huuuuuuu aujourd'hui c'est les joutes poids lourds sur le canal royal (jour férié pour les sétois) forcément ça
déteint mais vrai sacrément heureuse pour toi et nathalie !


Chr.Borhen 23/08/2010 08:42


Oui, bonne nouvelle !

Ceci dit, je n'aime pas le mot "résidence", en effet j'entends toujours, derrière, "secondaire" ou "surveillée".


cécile portier 28/08/2010 13:34



je ne sais pas si c'est l'effet résidence secondaire, mais je suis sacrément longue à la réponse en ce moment. Vous avez raison, il faudrait inventer les cabanes d'écrivains.