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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 13:00

 

 

petrifier le temps 2

 

Les journées s'empilent sans qu'il en reste rien : s'écroulent sur elles-mêmes.

Nous comptons sur le temps pour nous servir de fondation, pour arrimer nos actes. C'est un terrain en perpétuel glissement. Une terre trop gorgée pour être stable : tout ce sang déjà sur elle déversé. Tous ces désirs imbibés.

Alors, pour continuer la course sur un terrain moins meuble, nous installons un fond à l'arrière de nos horloges. Quelques chiffres pour une course récurrente, tourner en rond pour ne pas tomber plus bas.

Nous comptons sur le temps et c'est lui qui nous compte.

Au moins maintenant c'est mesurable, on a entre le temps et nous un bel écran imprimé de chiffres : un décor.

Au moins maintenant c'est du solide, on a quelque chose de stable sur quoi s'appuyer. Nos fondations ont des allures de pierres tombales.

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Published by cécile portier - dans compléments d'objets
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commentaires

Depluloin 10/04/2010 20:13


Voilà pourquoi je ne regrette pas le temps des sabliers! Pour moi la symbolique est atroce! En comparaison, ces vieilles pendules de gare, même lorsqu'elles fonctionnent, me paraissent
inoffensives... (Une pierre lithographique pour une horloge électrique? Quelle belle illustration!)


cécile portier 11/04/2010 20:57



Ah le temps des sabliers était aussi celui où les femmes avaient la même taille de guèpe...



delest 10/04/2010 00:51


Temps gris, dirait-on. Bah, on sait trop de choses. Un baiser, voilà la mort gommée. Pas un smac (smouitch ?) inattentif, non : un prologue, l'étincelle du brasier. Horloges pathétiques, et
davantage : moments définis par un désir que nos corps encombrent.


cécile portier 10/04/2010 13:26



que nos corps nous encombrent, c'est un fait. Moi par exemple j'ai le nez assez long qui a tendance à piquer vers le sol, ce qui parfois me donne l'air maussade et explique sans doute la couleur
de ce billet. Mais en réalité, au fond de moi : un rossignol.



Chr.Borhen 09/04/2010 22:18


D'accord avec vous. Simplement, à " un décor ", j'aurais choisi " un constat d'huissier ", ou un truc du genre.


Zoë 09/04/2010 22:00


Deux réflexions profondes, la vôtre et celle de notre amie d'Avignon. Le temps cette abstraction fantasque


cécile portier 10/04/2010 13:21



abstraction fantasque, oui, ce qui explique notre besoin sans doute de la matérialiser même si c'est à nos dépens



brigetoun 09/04/2010 15:19


avec l'âge, quand sa fin devient plus proche, on a tout de même le privilège de pouvoir faire un pas de côté, et le laisser couler avec indifférence, libres jusqu'à la brève rencontre finale


cécile portier 10/04/2010 13:18



rencontres intermédiaires aussi, qui nous rendent libres. Celles très belles qu'on fait avec l'écriture, parfois. Merci Brigitte