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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 12:40

 consommation alimentaire
Nathalie Pages a beau être un personnage de fiction, elle ne déteste pas les nourritures terrestres. Il faut dire que c'est un personnage de fiction français. Quand elle est à table, elle éprouve un plaisir qui ne vient pas que du sentiment d'être rassasié. Elle ne pense pas non plus forcément aux 2022 cal/jour correspondant à son besoin d'apport énergetique, compte tenu de son poids, son âge, sa taille, et son activité.
Elle éprouve seulement le plaisir de la saveur, et de la correspondance, parfois inopinée, des goûts. Sous sa dent croque une petite noisette, et c'est un paysage qui s'ouvre à elle. Elle est exactement sur cette crête où la matérialité du monde se dissout en sensation, en sens. Elle a le pressentiment, peut-être, que ces questions de saveur, d'agencement, et de correspondances inopinées, pourraient être utilement transposées dans les relations entre personnes, mais comment faire? Dans la grande cuisine sociale, les bocaux sont bien rangés, étiquettés, soupesés... mais très peu mélangés.
Et puis reste que Nathalie ne vit pas pour manger.

Alors comment rendre compte de cela, de cet acte de restauration des forces de l'organisme, des forces de travail et de vie, sans passer un peu aussi par la quantification? C'est ainsi que le poids des différents aliments ingérés redevient très vite une valeur monétaire : combien pèse dans le porte-monnaie la viande achetée? On pourrait certainement mesurer la réussite d'un individu ou d'une nation à sa capacité à consacrer plus de budget aux aliments non roboratifs, plus goûteux, plus coûteux. C'est le lent déclin des féculents qui mesure le progrès. Mais alors, comment interpréter, depuis quelques années, la lente mais certaine revanche de la patate?

féculents
source : INSEE

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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commentaires

delest 10/02/2010 22:06


La patate est revancharde, certes. A vrai dire, on ne voit plus qu'elle. Dans le métro : vous n'avez pas envie de dégermer tous ces visages, vous ? Au bureau : elle turbine en bande. Jusqu'aux
guirlandes de Noël, qui festonnaient comme autant d'épluchures. Alors, dans l'assiette....
La noisette de Nathalie, c'est au visage de la patate qu'elle est lancée.


cécile portier 11/02/2010 12:05


Ce qui est bien avec les noisettes : dès que trouvées on les cache un peu partout pour plus tard. Et puis on les oublie, et on se lamente. Mais arrive le redoux et voila qu'on voit éclore un
peu partout, et parfois sur le visage de certains lecteurs, quelques vigoureuses et tendres pousses de noisetiers, qui n'ont rien à voir avec les germes de patates.


Depluloin 10/02/2010 10:37


Vos "recherches" commencent à porter leurs fruits. Comme une angoisse qui me monte à la gorge. Et vous continuez, implacable!

La fuite?


cécile portier 10/02/2010 17:56


patience, patience... Le supplice du goutte à goutte ne se termine jamais sur la côte d'Azur


mlle d'enfer(t) 09/02/2010 22:33


Vous disiez "surprenant" en évoquant le blog à luc... J'applique ici le même qualificatif, pour la garniture je choisis "succulent"!


cécile portier 10/02/2010 17:59


succulent? Comme je vous subodore assez carnivore, chère Mlle d'enfer, je comprends... Et puis vous avez de jolies chaussures