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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 20:46

puzzled 
Fin de l'année, l'heure des bilans. Nathalie marche dans la rue et ses pensées s'organisent en deux catégories : les choses faites, les choses à faire pour l'année prochaine). Elle pense à cela pour se rassembler un peu (étrange comme pour se rassembler, on éprouve le besoin de dissocier tout d'abord l'être et le faire, puis de trier dans le faire, selon le mode possible de conjugaison : participe passé ou impératif).
Elle pense à cela et ressent comme chaque année l'immense poids de l'impératif encore à venir. L'impératif à venir, comme dernier colmatage possible contre le sentiment d'érosion que provoque les choses non abouties.
Nathalie marche dans la rue et voit sur le sol mouillé un puzzle éparpillé. Elle trouve que cela ressemble à sa vie : des petits bouts épars dont elle voudrait penser qu'une cohésion finale a été prévue, mais c'est comme si ce dessein initial était définitivement perdu.
Ne restent que des fragments, des morceaux de ciel qui pourraient s'emboiter peut-être encore, des morceaux de sens.
Ainsi va Nathalie en cette fin d'année. Sur le sol mouillé elle marche, elle sait qu'elle n'atteindra pas l'exhaustivité. Quelques articles courts pour décrire toute une vie, c'est bien peu. Quelques graphiques pour dessiner une figure humaine. Et le temps qui manque, toujours, pour façonner les cohésions.
On peut la regarder marcher encore dans cette rue froide, s'éloigner. On verra bien si elle s'y retrouve un jour, dans cette rue ou sur ces pages, pour tenter de raccorder un morceau d'elle-même à ceux déjà publiés.

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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commentaires

Christophe Sanchez 10/03/2011 12:48


cohésion, exhaustivité tout ça, tout ça ... mais c'est bien aussi les puzzles pas terminés :)


cécile portier 10/03/2011 12:50



C'est bien, oui, parce que ça évite d'avoir la tentation de les encadrer au mur.



dominique boudou 25/12/2009 21:29


Il faut toute une vie pour faire le puzzle et le défaire. Retourner à la page blanche comme dans La vie mode d'emploi.


L......................................................uC 24/12/2009 09:05


zoë l'a déjà dit! flute!...
Je préfère les puzzles inachevés...
Brouillons de la vie.


PdB 22/12/2009 22:30


je me souviens d'un clochard, probablement, qui non loin de la gare Montparnasse, sur un morceau de carton, rue du Départ il me semble, avait posé de nombreuses pièces d'un même puzzle, bleu comme
le ciel en été, et avait commencé à tracer un cadre; quelques heures plus tard, sans nous concerter, nous étions tombés d'accord, mon amie et moi : nous avions vu le même homme, le même puzzle, le
même procédé, elle à la gare de l'Est moi à l'autre bout de la ville, pratiquement au même moment. Tous deux avaient à côté de ces pièces ordonnées et organisées sur un carton, un caddy de la
société de train emplis de sacs qu'on trouve chez tati pour un ou deux euros. Je peux dire sans me tromper que l'état d'avancement du puzzle monparnassien était légèrement moins parvenu que celui
de l'est qui dessinait déjà un peu plus d'un château des bords du Rhin.


PhA 22/12/2009 15:24


Et sous le puzzle, voyez : le reflet sombre et discret, imprécis mais présent, de Nathalie.