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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 22:00

 

analyse des risques

 
Nathalie Pages a pris une décision. Comment la mettre en oeuvre, et pour quel résultat à espérer, et comment réduire les dommages, c'est ce qu'elle apprend, arrosée arroseuse, à calculer finement, en retournant, en détournant la méthodologie qui d'habitude servait à la circonvenir.
Elle s'emploie à réduire l'écart dans lequel se contiendra, concentré comme jamais, le risque qu'elle assume pour elle-même et sa propre vie. Elle en affine l'angle, comme une pupille qui connait désormais son but.

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 07:00

                 C'est une grande joie d'accueillir, par le principe des vases communicants, un texte de Philippe Annocque, qui me fait le plaisir en échange de me laisser envisager le monde aujourd'hui par l'un de ses Hublots, depuis lesquels il nous scrute quotidiennement (ou presque) de son regard faussement candide. Evidemment j'aime beaucoup, mais pas seulement les Hublots, les livres aussi. Ici un petit mot sur son dernier, Liquide (moi qui ne suis pas du tout fortiche pour parler de mes lectures, là je m'y étais risquée).
Merci à Philippe, donc.
 

Maintenant nous nous promenons dans la campagne environnante – rappelez-vous. Sur la droite un champ d’hortensias attire mon attention. Vous connaissez mon goût pour l’horticulture. Ici, chaque plante est munie d’un système de chauffage individuel très sophistiqué. Je suis impressionné. Un peu surpris aussi : même si, à l’évidence, il s’agit d’une forme peu courante d’hortensia, aux ombelles d’un brun quasi métallique, certainement sensible au gel, je n’aurais jamais cru qu’un chauffage puisse leur être nécessaire, sous ce climat subtropical. J’explique cela à l’une des filles du groupe, qui semble vouloir s’intéresser. C’est alors que, sans que j’aie quitté la plante des yeux, s’évanouit soudain l’une de ses inflorescences de bronze.

Un outil de jardin traîne au sol, qui me fait envie. C’est une sorte de grande fourchette à trois dents, longue d’une trentaine de centimètres, munie d’un manche en bois. Sa qualité rare me paraît évidente : certains détails ne trompent pas, telle l’épaisseur des dents à leur naissance. Voilà un outil modeste mais puissant, dont je m’empare sans presque y penser. Cependant je ne suis pas seul, la fille est toujours à côté de moi. C’est pourquoi, m’exclamant à haute voix – « Qu’est-ce que je fais avec ça, moi ? » –, ostensiblement je jette de nouveau dans le champ la petite fourche, où elle se fiche à quelques mètres de nous.

D’ailleurs, maintenant que la route s’élève, que la côte s’accentue, c’est plus pratique d’avoir les mains libres pour accélérer le pas, marcher de plus en plus vite, courir dans la montée afin de distancer l’autre garçon, qui forcément finit par me dépasser.

 



Les autres participants - Vases communicants : (merci à Brigitte Celerier pour la liste)


Mariane Jaeglé http://mariannejaegle.over-blog.fr/ et Gilles Bertin http://www.lignesdevie.com

Eric Dubois
http://ericdubois.over-blog.fr et Patricia Laranco http://patrimages.over-blog.com/

lignes électriques
http://ligneselectriques.blogspot.com/ et chroniques d'une avatar http://metachroniques.blogspot.com

Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com et Yzabel http://ysabel2046.blogspot.com

Luc Lamy
http://www.luclamy.net.blog et Anna de Sandre http://annadesandre.wordpress.com

futiles et graves http://futilesetgraves.blogspot.com/ et Kill that Marquise http://killthatmarquise.wordpress.com

Christine Jeanney
http://tentatives.eklablog.fr/ et Arnaud Maïsetti de contretemps http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1

Michel Brosseau
http://àchatperché.net et Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/

Frédérique Martin
http://www.frederiquemartin.fr/category/mon-carnet/ et Denis Sigur http://sigur-cyrano.blogspot.com/

Pierre Ménard http://www.liminaire.fr et Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com

Juliette Zara
http://enfantissages.free.fr et Kouki Rossi http://koukistories.blogspot.com

Nathanaël Gobenceaux
http://www.leslignesdumonde.wordpress.com et Jean Prod'hom http://www.lesmarges.net

Florence Noël http://pantarei.hautetfort.com/ et Lambert Savigneux http://aloredelam.com/

RV.Jeanney
http://rvjeanney.wordpress.com/ et Paumée http://brigetoun.blogspot.com 

Anita Navarrete Berbel le jardin sauvage
http://sauvageana.blogspot.com reçoit Anna Angeles sur son autre blog effacements http://effacements.blogspot.com

Panta rei de Florence Noël (http://pantarei.hautetfort.com) et Les vents de l'inspire de Lambert Savigneux (http://aloredelam.com)
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Published by cécile portier
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 19:30


sous haute tension
N'empêche, qu'à vouloir toucher les choses de l'intérieur, on prend quelques risques. Surtout quand on n'est pas du métier. C'est vrai de l'intérieur des pensées, comme des circuits sociaux enchevétrés. Installer une dérivation à partir du branchement principal pour pouvoir s'éclairer à l'oeil réclame un certain doigté.
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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 18:01

pas neige
La neige du dehors a fondu désormais, mais Nathalie sait quand même qu'elle continue de laisser des traces un peu partout. CB, Navigo, adresse IP : l'empreinte de ses gestes s'inscrit dans la neige toujours froide de nombreux serveurs . Nathalie rêve que dans cette neige aussi, d'infimes signes pertubants viennent brouiller la lecture publique de sa vie.
Des petits pas d'oiseaux aléatoires pour redonner un air de danse à ses pas, des petits morceaux d'écriture.
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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 20:45

gains-pertes potentiels


Nathalie est écrite, comme on le dit du destin. Nathalie est écrite mais voudrait s'écrire elle-même, aussi. Que sa vie ne soit pas seulement la résultante des classifications et des balistiques expertes qui en découlent. C'est peut-être une idée politique, de vouloir s'écrire soi-même. C'est sûrement une idée politique, peut-être même une idée de résistance. Car aujourd'hui il est possible de prédire l'avenir de façon certaine, et Nathalie ne le sait peut-être pas. Il suffit pour cela d'utiliser l'universel système du marché, et le goût pour le pari d'argent qui le soutient. Aujourd'hui il est possible de prédire l'avenir grâce aux récents marchés de prédiction contre lesquels, nous dit on, la resistance est futile. Plus les mises sont nombreuses et importantes, plus l'avenir prédit par le marché est certain. Surtout, nous dit un diaporama confondant, le système est infaillible, puisque l'on sait désormais comment fonctionne le cerveau en état de pari : la peur de la perte étant plus forte que l'excitation du gain potentiel, la rationalité l'emporte sur l'affectif en situation de pari, donc la prédiction est meilleure... Syllogisme imparable, fonder la rationalité sur l'affect de la peur, et faire semblant de remettre le rationnel au centre par le jeu et le mécanisme du casino, en des temps où par ailleurs l'affectif mal traité (maltraité) domine les discours politiques...
Les lecteurs des trajectoires d'oiseaux dans le ciel, les déchiffreurs d'entrailles n'ont qu'à aller se rhabiller. 
Ainsi il est possible d'aller parier sur les très prochaines élections régionales 2010, sur le site  
PrediPol. Dommage que Nathalie n'ait pas beaucoup de liquidité : elle aurait bien parié massivement sur un candidat fantaisiste pour faire mentir l'avenir du marché.
Mais elle se contentera d'aller voter, et de parler de la chose publique avec d'autres, et ce sera peut-être mieux ainsi.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 00:00



arbre à géométrie hyperbolique2

Comment faire que l'attente ne soit  pas une manière d'apprivoiser la résignation?
Comment faire que l'attente soit une exigence, mais seulement envers soi-même?
Comment faire que l'attente soit un acte?
Nathalie s'est débattue, déjà, avec la difficulté de choisir la bonne manière d'agir. Certains s'en souviennent peut-être : c'était un fiasco. C'est que Nathalie avait une vision d'un arbre des décisions bien peu végétal : à angle droit il tournait, il cherchait toujours à se terminer par une feuille conclusive et utile. Or, si les pensées sont végétales, et elles le sont ce n'est pas seulement parce qu'elles germent et bifurquent.  C'est aussi parce qu'elles sont plus nombreuses en périphérie qu'au centre. Qu'à la limite l'idée de départ peut mourir, le coeur de l'arbre être creux, cela n'interdit pas aux pensées et aux gestes engendrés d'être vivants et féconds. 
Nathalie ferme les yeux, regarde croître son idée comme si c'était une explosion. 
Elle ne cherche pas pour l'instant à recueillir des fruits. La forme de son action elle ne la connait pas encore. Mais elle voit se déployer en elle un objectif, se dessiner un procédé, se définir un mode de fabrication. 
Elle se découvre, petit univers en expansion.

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 11:02
explosion des distributeurs

Qu'est-ce que ça peut bien signifier, d'être patient, quand on n'attend rien?
L'impatience non plus ne veut rien dire, quand on n'attend rien.
Attendre : espérer ou craindre. Alors c'est arithmétique : s'il y a autant de peur que d'espoir, l'attente s'annule.
Donc, Nathalie Pages n'attendait rien. Elle espérait  que les choses pourraient changer. Elle avait peur que quelque chose arrive. Elle restait postée sans attendre, devant le grand distributeur automatique des opinions et des sentiments. En débit et en crédit les choses s'équilibraient, rien n'arrivait, ouf, rien ne changeait. Toujours la peur venait apurer la dette de l'espoir, dans un mécanisme de planche à billets très efficace pour tromper l'attente.
Mais voilà : le distributeur automatique de Nathalie a explosé. Celui-là même qui la pourvoyait en juste compte de peur et d'espoir.  Dans les entrailles de la machine, elle entrevoit la supercherie, c'est-à-dire l'absolue indisponibilité de toute valeur.
Désormais, Nathalie sait qu'elle n'a plus besoin de petites coupures. Désormais Nathalie attend beaucoup, sans espérer et sans avoir peur. Elle attend beaucoup, mais elle ira le chercher toute seule.


Pour ceux qui trouveraient ce texte trop métaphorique, je recommande vivement, pour précisions, la lecture de ces deux textes : "La crise" de Joachim Séné, et A bas l'utile, de Bernard Noël. Chez Publie.net.
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 19:17

coquille inversée 2
Le monde est neuf aux yeux de Nathalie. Elle fait les mêmes gestes, pourtant, et les choses autour d'elle sont les mêmes aussi. Elle s'endort de la même manière. Qu'elle marche dans la rue, qu'elle aille faire ses achats, qu'elle s'acquitte de son travail, elle est scrutée aussi minutieusement qu'avant, classée aussi précisément, prédite aussi sûrement. Mais c'est comme si cette écriture extérieure d'elle-même était devenue inopérante : dissoute dans une électrolyse soudaine.
Nathalie a trouvé en elle un verbe plus puissant que le destin marketé que se plaisaient à lui dessiner les modernes factotum du "c'est écrit".
Elle sait pourtant, elle sent, comme ce sentiment neuf est fragile, aussi friable que la coquille naissante de l'escargot. Le moindre enthousiasme pour l'appréhender peut lui être fatal. Le bel enroulement de ses idées s'écroulerait d'un rien.
Et puis quoi, ce bel enroulement de pensées : n'est-il pas lui aussi prédictible, descriptible, comme la coquille de l'escargot? Une belle architecture de plus, en tout point calculable. On peut même dire de l'escargot, quand il n'est encore qu'une larve, comment il va tourner : dextrogyre la plupart du temps. Alors une frêle pensée de liberté et d'accomplissement, comment ne pas la voir déjà se resserer en des spirales trop régulières? Comment ne pas la voir déjà se rigidifier dans un sens, toujours le même?
Certes, par nature, les escargots tournent dextrogyre. Du moins la plupart. Mais il se trouve que depuis quelques semaines, l'homme sait, par simple pression sur l'escargot naissant, faire changer le
sens d'enroulement d'une coquille.
Par simple pression. Or, qu'est-ce qu'une fiction? Etymologiquement, une simple pression. Fiction, de fingere «modeler dans l’argile». Par le modelage de la fiction, par sa caresse très particulière, il n'est pas impossible d'imprimer aux coquilles de nos pensées, avant qu'elles ne se rigidifient, un sens différent.

Reste à ne pas les écrabouiller, car la bouillie n'est ni sinistrogyre, ni dextrogyre, et sa plasticité n'est le gage que d'un ventre bien rempli, d'une tête bien colmatée.

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 07:11


connexion
Que se passe t-il? Il semble qu'extérieurement tout soit comme avant dans la vie de Nathalie, et pourtant tout a changé. Dans l'opacité des pensées de Nathalie, peut-être à la faveur d'un heureux hasard, ou bien d'une légère surchauffe, un infime court-circuit a eu lieu. Le temps d'un millionième de seconde, les flux de pensées de Nathalie se sont dirigés, non plus vers le verbe "faire", mais vers le verbe "accomplir". Elle a senti au bout de ses doigts comme un grésillement, et depuis, à l'intérieur d'elle-même, c'est toute une syntaxe nouvelle qui se déploie. C'est peu de choses, de remplacer le verbe faire par le verbe accomplir. C'est peu de choses mais les conséquences sont immenses.
Il n'y a plus de devoir. Il y a de l'intensité.
Il n'y a plus la vitesse, nécessaire et mesurable. Il n'y a plus la lenteur, soupçonnée de vouloir saboter la performance. Il y a seulement la fulgurance. Et depuis cet exact point de fusion entre la vitesse et la lenteur, la pensée de Nathalie prend son essor.
En elle coule une sève électrique qui la rend vivante et femme, qui la rend humaine. Les visages des gens lui parlent comme jamais.
Ensemencée ainsi par la pensée de l'accomplissement, Nathalie se découvre plus grande qu'elle n'était. Elle voit désormais qu'elle ne se limite pas à cette petite parcelle cultivée, dont l'hygrométrie, le niveau de production, la quantité d'engrais attribuée, sont sans cesse mesurés, surveillés. (Car savez-vous comment on fait pousser les fruits commercialisables ? En stressant la plante, au bon moment, par une petite carence d'irrigation)
Elle découvre en elle de vastes territoires inexplorés, où aucune digue n'existe contre les crues.
L'intensité qu'elle ressent n'a rien à voir avec l'idée d'en faire quelque chose, pour la consommer, pour l'épuiser. Elle se promet au contraire de tenir le plus longtemps possible cette situation intenable, où la douceur est une infinie violence, où la violence ne blesse pas, ne meurtrit pas, mais dénude et caresse seulement.
Sa puissance elle n'en veut rien faire qui la galvauderait en pouvoir. Elle ne veut pas non plus la monnayer.
Elle voudrait seulement la donner, et qu'autour d'elle petit à petit le don se propage. Qu'on puisse entendre : ce que tu m'as donné, je le redonne, et je n'en suis pas pourtant dépossédé.


L'image que je redonne ici ne m'appartient pas. Empruntée sur le web à un projet reconstituant les chemins de pensées à partir d'un tableau lumineux d'itinéraire de métro. Plus ici.
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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:13

 catégorie chien
A la faveur de quelques commentaires gentiment réprobateurs, je m'interroge sur le destin de Nathalie Pages. Il semblerait en effet que je ne lui facilite pas la vie, et que les catégories censées la dessiner progressivement ne font que la défigurer. C'est vrai, sans doute. Mais peut-être était-ce ce qu'il y avait à montrer :
1- que les catégories échouent sans cesse à décrire la complexité du monde. Ainsi, Nathalie allait entrer dans un restaurant quand elle tomba en arrêt sur cet écriteau, qui la laissa perplexe : était-ce à dire que les bassets seulement étaient interdits dans ce restaurant, ou bien toute la catégorie chien, bien plus conséquente? De la même manière, l'écriture des sismographes sociaux perd en pertinence, souvent, ce qu'elle croit gagner en acuité, dans son souci constant d'affiner l'analyse.
2- que certaines catégories induisent le dénigrement. Ainsi, Nathalie Pages n'aurait eu aucune difficulté à considérer que l'écriteau désignait l'ensemble de la catégorie chien si un beau labrador avait été dessiné en lieu et place d'un basset. Nous avons tous intégré que certaines sous catégories de catégories sont plus représentatives d'universalité que d'autres. Et Nathalie Pages, qui ne fait pas partie d'une sous catégorie dominante et donc universelle, en subit les conséquences tout en souscrivant à cette manière de voir.
3- que les catégories souvent ne servent pas qu'à la description du monde, mais bien à l'exclusion d'une partie précise, précisément dessinée.
4- que la manipulation des catégories est suffisamment aisée pour que tout un chacun se retrouve, à un moment ou un autre, le basset de quelqu'un.

Ayant dit tout cela, que reste-t-il? Qu'à vouloir saboter un système puissant, et malgré tout reconnu comme utile, on court le risque de se brûler les doigts à la bombinette qu'on a soi-même posé, sans avoir entamé le plus petit pilier du grand ouvrage... Ainsi se retrouve Nathalie, légèrement sabotée. Mais de certaines blessures peuvent couler des sèves puissantes.

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