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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 21:44
Un joallier très chic étale en ce moment sur les murs du métro de très belles mains de femmes. Les mains sont ornées de très belles bagues. Et, juste à côté des bagues, si on est un peu myope et qu'on regarde cela depuis l'autre côté du quai, on distingue une petite trace blanche, une jolie écriture manuscrite. 
Une discrète et jolie écriture. Comme un petit mot, de tendresse, échappée d'une lettre d'amour sans doute.
La myope, parce qu'elle est curieuse, se rapproche, en prenant bien soin de le faire par les couloirs de correspondance, plutôt que directement en traversant la voie.
De là, on voit très bien. On voit très bien le prix à payer pour sa curiosité, et qu'une paire de lunettes, finalement, coûterait moins cher qu'un gage d'amour prescrit par voie publicitaire.
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 13:32


Entre midi et deux quand je peux je sandwiche netvibes, je mange en regardant l'écran, les nouvelles des sites amis. Entre midi et deux : un gond entre le matin et l'après-midi, qui si pas assez huilé grince fort en fin de journée.
Je tombe sur ce texte de
François Bon, Fermez la porte. Il cite Adorno. "C'est ainsi qu'on a désappris à fermer une porte doucement et sans bruit, tout en la fermant bien."
L'émotion nait de l'articulation soudaine de deux pans de réalité. Je lis ce texte, je pense immédiatement aux doigts des enfants. A ces doigts d'enfants dont j'appréhende toujours la présence dans les gonds, quand une porte se ferme. Je dis cela, ce n'est pas une anecdote : c'est un rapport au monde permanent. Impossible de fermer une porte sans y penser. Même quand il n'y a pas d'enfants dans les parages, cette vision du gond, de ce qui pourrait l'entraver, de la blessure, de l'accident, m'obsède. Et bien quoi, c'est une névrose? Un rapport au monde fondé sur la peur de coincer des doigts c'est peut-être un peu... étroit?
Oui. Et en même temps, à lire ce texte d'Adorno, disant que la technique nous a tellement habitués à fermer les portes en les claquant qu'on ne sait plus les fermer autrement, je ressens le soulagement de me dire que le souci de l'autre, de ses doigts, de cette partie très fragile, très périphérique et très essentielle de lui même, ce n'est pas qu'une négativité anxieuse, c'est aussi peut-être, le début d'une manière de sauver nos gestes d'une modernité où ce sont les objets qui d'habitude les façonnent. C'est peut-être le début d'un sentiment politique : toujours penser aux doigts des autres quand on ferme une porte.
- la porte de nos frigos, de nos bureaux, de nos maison, de nos frontières
                                                                              fin de la pause dej, je vais rouvrir ma porte, pensant que l'écriture, avec le nom que je porte, ça peut être au moins de faire en sorte que les portes ne se ferment pas trop vite (effet retardateur d'un groom pas très automatique).

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 16:55
  Aux doigts des femmes, souvent, les héritages.




















Toutes ces bagues léguées, avec leur poids qui n'est pas que celui de la pierre. J'ai parlé de quelques unes d'entre elles,
de ce qu'on a reçu et comment on le réapproprie avec sa propre main, son propre faire,
de comment ça nous accompagne
des témoignages ainsi portés, qui vont plus loin que le vécu, que le visible
de ce qu'on en donnera soi-même

Liens, héritages, attachements à l'ascendance et à la descendance. La main comme un arbre généalogique : si elle a des branches, c'est bien pour qu'on y accroche quelque chose.

Mais c'est sur la main aussi que l'on attache les signes de nos liens consentis. L'alliance, bien sûr, c'est le départ possible, ou bien la validation des engendrements. C'est la même histoire sans doute : s'inscrire dans un passé, se projeter dans un futur,  faire qu'il y ait du lien entre les deux, et que ce lien soit constitué de tous nos attachements.

(Leurs deux noms gravés à l'interieur des alliances, en si petit qu'il faut une loupe, en si petit que c'est comme un secret entre eux)

(Le marié, faisant la vaisselle, lendemain de la fête, et disant à la mariée : "c'est bizarre cette sensation de la bague, j'ai l'impression d'avoir un pansement au doigt")

C'est la même histoire sans doute, mais moi j'ai vu aussi ces deux mains couchées côte à côte comme une promesse de faire dormir de la même façon les corps qui les prolongent, sans autre souci que celui-là. J'y ai vu aussi un attachement au présent.
          Longue vie au présent.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 19:17

C'est par sa chevelure que nous en sommes venues aux mains, et j'aime cette possibilité offerte de donner un autre sens à cette expression toute faite, de faire qu'on puisse en venir aux mains en toute douceur.

Dès mon arrivée j'ai été attirée par sa chevelure remarquable, coiffée en une longue, longue tresse. Quand on nous a présentées je lui ai demandé d'entrée de jeu, d'une manière étourdie et impolie un peu, si je pouvais la photographier de dos, pour ma fille, ma fille de cinq ans qui dessine et rêve toute la journée de chevelures de princesses longues, longues, longues.

Ce n'est pas forcément plaisant d'avoir l'impression qu'on est prise pour l'incarnation d'un rêve de petite fille. Mais c'est vrai qu'il y a chez elle, dans sa façon de s'habiller, de se tenir, quelque chose de chatoyant, d'exotique et d'altier, quelque chose de la princesse. Et puis j'ai dit c'est pour ma fille, comme une excuse, mais je suis fascinée tout autant par toutes les histoires, tous les mystères, tous les enjeux attachés à la chevelure des femmes. Moi aussi à cinq ans et même bien après j'ai fait ce rêve des cheveux qu'on ne coupe plus, qui sont un habit de plus, une parure de plus, une nudité de plus. J'ai longtemps, et peut-être je le fais encore, imaginé toutes les manières de les coiffer, de les tresser, de les enrouler, de s'en envelopper.
La seule chose : aujourd'hui je rêve d'Amazones plus que de princesses.
Parce qu'entre temps j'ai appris, compris certaines choses.
J'ai appris qu'on coupait les cheveux des femmes, qu'on les cachait sous des chapeaux, sous des perruques, sous des voiles. Et qu'à chaque fois cette question de la longueur du cheveu, de sa visibilité, était une question de désir mais aussi de pouvoir, question de pouvoir et motif de guerre. Je ne sais pas pourquoi cette femme les a gardé aussi longs, mais ce n'est pas un acte anodin. La persévérance, nous y revoilà, que ça demande (le jour même je discutais avec la mère d'une petite fille aux cheveux longs qui me disait que le secret pour ne pas les retrouver emmêlés, ce n'était pas le peigne, mais la tresse du soir). La persévérance, mais aussi le sens du défi.
La seule chose qu'elle en ait dite, d'une façon discrète et déterminée, c'est qu'elle ne les avait plus coupés depuis l'enfance, et que si elle le faisait, ce serait comme changer sa vie. 
Les laisser pousser indéfiniment est un défi. Un tranquille refus par rapport à cette angoisse masculine de toujours maitriser la pilosité de la femme. Un tranquille refus, une tentation peut-être aussi. Mais même quand ils sont longs cela n'est pas simple. Nous avons parlé toutes les deux de ce conte étrange, Raiponce. J'en donne ici une version personnelle et un peu énervée peut-être, écrite bien avant cette rencontre.
Nous parlions de cela, de ce conte étrange, du nom étrange de cette jeune fille, Raiponce, comme une faute d'ortographe, comme une pierre ponce trop flottante dans le monde avide et propriétaire. Nous parlions de tout cela et en même temps j'observais la belle manière qu'avait eu cette femme ce soir là de faire parler les couleurs, entre le vert de ses yeux, le mauve des boucles attachées à ses oreilles, le bleu de sa bague. Nous en sommes venues aux mains. Elle m'a dit d'elles qu'elles les trouvait sèches, qu'elle devrait mettre des gants pour jardiner, et que cela faisait toujours drôle à sa soeur, quand elle mettait cette bague, qui appartenait avant à leur mère, car elle n'a pas les mains de leur mère, et que c'est comme une image nouvelle qui vient se superposer sur l'image familière et plus ancienne où c'était la mère qui mettait cette bague. J'ai repensé aux cheveux. Qu'ils sont un lien, souvent très enchevétré dans lequel on s'étouffe, mais un lien quand même. Entre la femme et l'homme, mais aussi entre une femme et sa fille. Sinon, pourquoi aurais-je tant voulu prendre cette photo que vous ne verrez pas, cette photo de cheveux très très très longs, cette photo pour ma fille? 


(dessin de Marie Delafon)


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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 21:27

En face de moi ce soir là, le hasard a mis une petite fille. J'ai demandé à sa maman si elle était d'accord, puis à elle. Elles étaient d'accord toutes les deux, et même mieux, la petite fille m'a gratifiée d'un très beau sourire aux dents manquantes, ce sourire de transition où la bouche s'approprie de nouvelles dents, dans le même temps qu'elles s'approprie les mots d'une pensée personnelle.
Elle a présenté ses mains paumes ouvertes : exactement comme toutes les personnes qui travaillent de leurs mains, qui travaillent le monde avec leurs mains. Je me suis dit que c'était un beau début. Seulement voilà, leur station est arrivée, et elles ont du descendre avant qu'elle ait eu le temps de me dire quelque chose.
C'est peut-être la seule occasion où cela ne sera pas dommage, car pour elle, il y a cette différence énorme qui existe, entre l'expression courante "je n'ai pas eu le temps", et l'expression qu'elle peut, elle, employer, qui change à peine, mais qui change tout : "je n'ai pas encore eu le temps".

Les dents d'adulte dans la bouche n'ont pas encore eu le temps de pousser, les mots pour parler de soi n'ont pas encore eu le temps d'être dits, qu'importe, tout le temps est devant.
(je me souviens de ce cinéphile qui, quand j'avouais mon ignorance de tel ou tel film, répondait toujours : vous ne l'avez pas encore vu? Vous avez de la chance!)

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 22:11














La persévérance m'angoisse. Pour ce qu'elle comporte de répétitions nécessaires. Il y en a tant besoin, de répétition, pour vivre sa vie, tant besoin de gestes mille fois répétés, que j'aimerais parfois qu'au moins, l'écriture n'en comporte pas. L'écriture et ce qui va autour, les projets qu'on échaffaude comme prétexte. 
Alors, dans ce projet de récolter des mains, l'accumulation n'est pas ce qui me fait plaisir, ni celle des photos-trophée, ni celle des mots répétés, de la formule désormais automatique, celle dont j'ai éprouvé qu'elle marchait le mieux pour obtenir l'assentiment des personnes.
Raison pour laquelle les mains se font rares en ce moment ici.
Et pourtant je me dis qu'il le faut, perséverer, non pas pour obtenir un corpus suffisamment consistant, mais pour la relation qui s'engage, éphémère, et jamais la même, avec la personne rencontrée.
Donc l'autre fois je prends le métro, je me dis que je vais faire cet effort, demander des mains. En face de moi, un homme avec des grosses bagues à chaque main. Bonne pioche, peut-on penser. Et pourtant quelque chose me dit de ne pas le faire. Je renonce. Je me plonge dans mon bouquin, On n'est pas là pour disparaître, d'Olivia Rosenthal.Texte froid et pour cela-même bouleversant sur la maladie d'Alzheimer. Je suis en train de lire un passage qui parle de la répétition, du fait que pour un malade d'A., chaque geste répété, même mille fois, est inédit. Je lis cela, je suis bouleversée. Je suis boulerversée aussi parce que pendant tout ce temps où je lis, l'homme dont je n'ai pas pris les mains en photo est là en face de moi et me fixe, me fixe en marmonnant, et en agitant sans cesse, dans un mouvement toujours le même, son index, comme s'il devait inlassablement me le dire : non non non.

La question de l'illustration de cet épisode, je me la posais évidemment. Et puis ce matin je suis repassée devant une vitrine où il y a quelques mois j'avais pris la photo de droite. Ce matin, la vitrine était comme sur la photo de gauche.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 20:33
Page en cours...

Pour le soin des mains, ces quelques conseils de la vingt-troisième causerie de l'excellent livre du docteur Monin, trouvé sur Gallica. (nb : clic droit sur le lien soin des mains sinon ça ne marche pas)


Plusieurs remarques :

1- Et les hommes alors? Toujours les mains calleuses?
2- Que les rongeuses d'ongles se le disent :
"L'onychophagie est, malheureusement, souvent un signe de dégénérescence, un révélateur d'autres tares nerveuses, telles que tendances aux crises, à la colère, au mensonge, au vol, incontinence nocturne d'urines, mental arriéré ou dévié et autres stigmates d'imperfections et de déviations diverses : terreurs nocturnes,
somnambulisme, tendances impulsives, bégaiement, pusillanimité, habitudes vicieuses, etc.
L'hérédité nerveuse, alcoolique ou tuberculeuse se retrouve, fréquemment, parmi les ascendants des rongeurs d'ongles, comme, du reste, des rongeurs de lèvres (chêilophages). "
3- Gardant le principe de spécialité, je m'en suis tenue à la causerie sur les mains, mais je reproduis ici la très riche table des matières, certaine que d'autres feront leur miel des considérations, par exemple, sur le prurit hivernal, la médication arsenicale, médication féminine par excellence, sur le port du corset, le snobisme du régime, les démangeaisons, enfer dantesque, l'anémie de la cause capillaire, ou l'âge critique.


Première Causerie Généralités sur la Beauté. - L'Attitude. - L'échelle des points pour la Beauté. - Grâces, maintien, démarche. - Extension et flexion. - Costume et toilette. - Harmonie et consonnance. - La mode actuelle des vêtements étroits. - L'art de la marche. - Les talons hauts. - Rectilignité. - Dangers du corset chez la jeune fille. - Pour ne pas engraisser. - L'asymétrie de la poitrine 11
Deuxième Causerie La question du Corset chez la Femme. - Corset et ceinture. - Les défauts esthétiques et hygiéniques du corset actuel. - Le corset doit être moulé, mais expansible et élastique, pour le libre jeu des organes et des fonctions 23
Troisième Causerie Un mot sur l'hygiène mammaire. - La vie des seins. - Dermatoses mammaires. - Gerçures. - Névralgies. - Seins volumineux. - Seins atrophiés. - La restauration de la poitrine. - Hygiène de l'allaitement. - Inégalités des seins : candidature à la tuberculose 29
Quatrième Causerie L'art de manger. - Le snobisme du régime. - La modération. - Omnivorité. - Menu du sédentaire. - Nous mangeons trop. - Qui dit arthritique dit surnourri. - Restreignons les viandes : la suralimentation carnée n'est qu'une intoxication 39
Cinquième Causerie Parfums et Cosmétiques. - Un peu d'histoire. - Symphonies et cacophonies odorantes. - Parfums synthétiques ou chimiques. - Usage et abus. - Dangers des fards et des poudres. - Réagissons contre le maquillage 45
Sixième Causerie Les Soins de la Peau. - Ils varient suivant sa texture et suivant les saisons. - Pigmentations et Vitiligo. - La lutte contre les rides. - Le parcheminage. - Importance de l'état général dans les imperfections cutanées 49
Septième Causerie Les Soins du Visage. - Le miroir de l'abdomen. - Médicaments et aliments hostiles au visage. - Massages et topiques. - Action de l'air extérieur. - Lait virginal. - Le poudrage. - Le savonnage. - Tamponnement anti-congestif. - Les taches de la peau. - Peau neuve. - Lait de beauté. - Urines et menstrues 59
Huitième Causerie Quelques Conseils pour le Teint. - Les ennemis du teint. - Comment les combattre. - Déviations nutritives. - L'acide urique. - Lésions d'organes faciaux. - Les savons utiles et nuisibles. - Les crèmes. - Le massage en tourbillon. - Patte d'oie. - Le nez rouge. - Correction du nez. - Pétrissage et lissage. - Vibrothérapie. - Le régime doux. - Dartres volantes 67
Neuvième Causerie Sèche ou grasse? - Les deux pôles de la dermatologie. - Le savon surgras. - Blancheur, bouffissure, éruptions, gerçues et dartres chez les peaux sèches. - Séborrhée de la peau et du cuir chevelu. - L'acnée mentonnière. - La pâleur 77
Dixième Causerie La Défense contre les Dermatoses. - Insuffisance des topiques et nécessité du traitement général. - Les répercussions viscérales. - La peau et la bête. - Les boutons du visage et leurs conséquences. - L'herpès. - La flaccidité de l'âge critique. - Préservation anti-solaire. - Le renouveau. - Congestion faciale. - Le bon savon. - Les dispositions congénitales à la peau sèche : l'ichthyose. - Les poils importuns: leur cure radicale 87
Onzième Causerie Les Teints Rouges. - Soignons la circulation, le ventre et le bas-ventre. - Erythèmes. - Luisances. - Rougeurs émotives. - Ereutophobie. - Acné et couperose. - Utilité du régime et des emménagogues. - Le lupus érythémateux et son traitement. - Mme de Sévigné et la rougeur émotive. - La peur d'être rouge. - Il faut traiter l'aboulie et modifier la circulation. - Poussées congestives des joues et des pommettes. Couperose 97
Douzième Causerie Hygiène Saisonnière. - Le Printemps. - La saison perfide. - Coup de fouet aux diathèses. - Anémie de printemps. - Mouvement de la sève morbide. - Floraison des visages. - Taches de rousseur. Conjonctivité printanière. - L'épuration du sang. - Régime et vêtements. - Eruptions diverses. - Pityriasis, cezéma sec, kératose et herpès. - Le zona. - Les éruptions par les primevères 107
Treizième Causerie L'Eté. - Erythèmes et eczémas. - Le régime végétarien. - Les éruptions de l'eczéma. - Aliments d'été. - La transpiration et ses modalités. - Dysidrose. - Sueurs localisées. - Bouffées de chaleur. - Sueurs axillaires 119
Quatorzième Causerie La Peau en Hiver. - Le froid et la peau. - Prurit hivernal. - Irritations du visage. Les engeluzes et leur traitement (général et local). - Prévention et guérison. - Un mal de jeunesse

Quatorzième Causerie Lymphatisme prédisposant. - Crevasses ou gerçures. - La nourriture hivernale. - La stase fécale. - Les refroidissements et leur traitement. - Formules de crèmes. - Brûlures. - Nez violet. - Fissures nasales 127
Quinzième Causerie Le Rhume de Cerveau et ses conséquences. - Sa forme infectieuse. - La grippe. - L'hyperesthésie des fosses nasales. - L'asthme des foins et le coryza des roses. - L'éternuement. - Ceux qui se mouchent par la bouche. - La cure du catarrhe chronique. - L'anosmie. - L'ozène 143
Seizième Causerie L'hygiène du nez et de la gorge. - Le Chant. - Le catarrhe aigu. - Gorges sensibles et amygdalites à répétition. - Elément spasmodique des angines. - Congestion du larynx. - La voix déclassée. - Traitements de l'enrouement, du hem, de la voix couverte, bitonale et discordante. - Pour bien chanter. - Un trésor fragile. - Phonation, amplification, vocalisation. - Amplitude respiratoire. - Comment on file le son. - Agilité, chats, graillons, etc. - Comment guérir les poussées congestives au larynx, la crampe des chanteurs, etc 149
Dix-septième Causerie Principales Eruptions cutanées: l'Acné et l'Eczéma. - Soignons surtout le visage. - Période congestive préparatoire des dermatoses. - Les grands bains. - Les éruptions médicamenteuses. - Nez et utérus. - L'acné. - Les points noirs. - Pustules et tannes. - Acné du menton. - Acné rosacea ou couperose. - Etat séborrhéique de la peau. - L'eau chaude. - Le massage. - Les scarifications. - Topiques soufrés et autres. - Régime alimentaire et ferments intestinaux. - L'eczéma. - Traitement rationnel de sa période aiguë et de sa période d'état. - Traitements suivant les régions du corprs. - Les compresses. - La poudre cuticolor 159
Dix-huitième Causerie Les Dartres sèches. - Le psoriasis, son signalement, son traitement, ses causes (neuroarthritisme). - L'ichthyose et sa cure palliative 179
Dix-neuvième Causerie Les Démangeaisons. - L'enfer dantesque. - Prurit nocturne. - Les dangers du grattage. - L'utilité du régime. - L'urticaire, fonction d'infection viscérale. - Un oedème cutané congestif. - Traitement général et local. - Les bains. - La flanelle, le thé et le café. - L'urticaire interne ou des muqueuses. - L'asthme urticarien. - Paumes et plantes. - Eruptions ortiées artificielles. - L'urticaire chronique. - L'érythème noueux. - Le coup de soleil. - Le purpura, ses causes et son traitement. - L'urticaire pigmentée. - Le zona, ses formes thoracique et ophtalmique: pronostic et traitement 185
Vingtième Causerie Les Clous (furonculose). - Méthodes nouvelles de traitement. - L'orgelet. - Les dispositions furonculeuses et leur traitement modificateur. - Le régime. - Les rougeurs persistantes
203
Vingt et unième Causerie Les Verrues. - Les Cicatrices. - Leurs traitements rationnels les plus efficaces 209
Vingt-deuxième Causerie La Médication arsenicale. - Un médicament féminin par excellence. - Il s'adresse à la santé et à la beauté. - Les signes de saturation arsenicale. - Emplois dans les anémies, le brightisme, le lymphatisme, les troubles menstruels et respiratoires, les névroses, le diabète, les fièvres, les dermatoses, l'herpétisme. - Les principales préparations d'arsenic 215
Vingt-troisième Causerie Les Soins des Mains. - Hygiène de la peau et cure des dermatoses. - Soins des ongles. - L'onycophagie ou rongement des ongles. - Ses meilleurs traitements. - Inflammations des extrémités digitales. - Démangeaisons des mains. - Pour fortifier l'épiderme des doigts 223
Vingt-quatrième Causerie L'Hygiène des Pieds. - La Chaussure. - L'entorse et son traitement. - Les sueurs des pieds. - Les pieds tendres. - L'orteil en marteau. - L'ongle incarné. - Cors, durillons, oeil de perdrix. - Traitement de l'oignon. - L'acro-asphyxie. - Les ongles 231
Vingt-cinquième Causerie L'Hygiène des Yeux. - Pour rehausser leur beauté et éviter le larmoiement. - Rougeurs des paupières. - Yeux pochés et cernés. - Yeux louchons. - Soins à donner aux sourcils et aux cils. - Ménageons notre acuité visuelle. - Les ophtalmies de l'enfance. - Examens scolaires. - Les blépharites et la calvitie ciliaire. - Voies lacrymales. - La lumière trop vive. - des myopes. - Les verres teintés. - Voilettes à pois et cinématographe 241
Vingt-sixième Causerie La Bouche et les Dents. - Le paradis des microbes. - Soins bucco-dentaires. - Formules diverses. - Névralgies, caries, périostites. - La prophylaxie précoce. - Fétidité buccale. - Vulnérabilité dentaire. - Hygiène des lèvres et de la langue 251
Vingt-septième Causerie Le Chapitre des Cheveux. - Importance de la chevelure. - La calvitie des intellectuels. - Comment se nourrit le cheveu. - Les états morbides qui entretiennent sa chute. - Le meilleur shampoing. - L'hérédité du cheveu rare. - Evitons les tiraillements. - Le pityriasis. - L'action du système nerveux. - Cheveu noueux, grêle, terne. - La chute normale. - L'anémie de cause capillaire. - Respectons la vitalité de la chevelure. - Insuffisance hépatique. - Conseils aux jeunes filles. - Les pellicules cezémateuses et grasses. - Congestions et démangeaisons du cuir chevelu. - L'état gras des cheveux: séborrhée. - Traitement rationnel de cet état rebelle. - Pellicules sèches. - Pour vivifier le bulbe après la trentaine. - La richesse apparente de nos formules n'est qu'un signe de réelle misère. - Infections et diathèses. - La pelade et son traitement. - Un mot sur les teintures 261
Vingt-huitième Causerie L'Age critique. - La Vieillesse. - Le retour d'âge. - Ses troubles morbides. - Son hygiène. - Traitement moral de la ménopause. - Le vêtement. - Comment retarder la vieillesse. - Un Philémon pour huit Baucis. - Rentes viagères. - Le régime des vieux. - La sénilité précoce. - Le frein du travail. - Prophylaxie de la caducité. - Hygiène physique. - Remèdes et formules efficaces 295
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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 20:05

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffle la vie. »

Charles Baudelaire, « Les fenêtres », Le spleen de Paris

Voilà comment je me console de ces mains qui ne se sont pas décrites, qui ne se sont laissées photographier que fermées. Il ne voulait rien en dire, n'y avait jamais pensé et n'avait pas envie d'essayer au moment où je lui proposais. J'ai été maladroite certainement. Sa peau mate, son beau type asiatique, et quelque chose dans son regard qui avait l'opacité de celui qui n'est pas en connivence avec le milieu dans lequel il évolue : j'ai pensé un moment qu'il était seulement de passage à Paris, j'ai redouté qu'il ne parle pas français, et que mes questions tournent court. Je lui ai posé la question comme ça. Parlez vous français? C'était maladroit et je regrette si je l'ai blessé. Mais il n'a pas dit non pour la photo, ou peut-être n'ai-je pas voulu l'entendre, ce non, derrière les protestations qu'il n'avait rien à dire de ses mains.

Toujours est-il, je n'ai pu que les regarder, ces mains, en compensation de la parole que nous aurions pu échanger. Et j'ai repensé à ce que m'avait dit la veille mon amie au rubis, que regard ne venait pas des yeux, mais de plus loin, de plus fort :

« Regarder » en français n’a été associé à la vision que dans un second temps, il signifiait d’abord « être attentif ». D’après son étymologie il provient du francisque « guarder », avoir égard à, en parlant d’une personne (wardôn, être sur ses gardes, ce qui a donné en allemand warten, attendre, en anglais, to ward, protéger).

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:23


"Dactylographie : comme si nous n’étions jamais parvenu à écrire autrement qu’avec les doigts, quoique ; on nous demande pour nous faire vivre une manifestation manuscrite de notre motivation."


Extrait d'un très beau texte de Pierre Coutelle dans son blog Commettre, sur la machine à écrire, la machine d'avant l'écran simultané, d'avant le copier/coller. Sur la bête machine à écrire synonyme en son temps d'industrialisation de l'écriture et d'aliénation des dactylographes, et aujourd'hui, dans sa péremption, objet de méditation sur ce que nous avons gagné à aller plus vite. Texte séparé en deux parties parce que nous avons le droit de prendre le temps, pour écrire, pour lire, et que ce site est suffisamment beau pour qu'on s'y attarde. 

 machinécrire 1 /  machinécrire 2

(et moi, bien sûr, me touche énormément cette question réactivée du chemin entre la main et le regard : vers quel ruban d'effacement tournaient nos regards quand l'écran n'était pas face à nous? Question, aussi, du jeu entre la manipulation et l'image, maintenant qu'au clavier s'adjoint un écran, et comment faire que ce jeu soit honnête et nous grandisse, comment faire pour que nos mains soit maitresses de leurs actes et que nos regards circulent dans les images qu'ils choisissent, plutôt que de rester fascinés comme des petits lapins dans les phares? Et du coup je re-cite Pierre Coutelle parce que pourquoi s'en priver :

"L’ordinateur est l’immédiateté factice de l’écran, ce que l’on y voit est toujours interprétation, rendu, mise en forme. Plus cela paraît immédiat et simple plus l’écart du produit au rendu est grand.
- Incise : même immédiateté factice du désir marchand, rendre invisible la chaîne immense qui rend une chose désirable à acheter, tout partout, n’avoir qu’à tendre la main, la carte à sortir vers ce scintillement de chalandises. Nous savons pourtant, par Schwob, que sous le masque d’or le roi est mort. -"

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 21:28
A République j'ai sursauté. J'ai sauté d'un bond de mon strapontin, et puis j'ai vu, on était à République, je n'étais pas arrivée. 
A posteriori : République, c'était un bon présage.

Il avait l'air amusé quand je me suis assise de nouveau à côté de lui. J'ai expliqué, j'ai dit que j'étais dans mon livre, j'ai cru avoir loupé ma station. Il m'a dit : lisez, je vous préviendrai. J'ai trouvé ça gentil, et puis drôle aussi, parce comment m'aurait-il prévenu, il ne savait pas où j'allais.
Alors j'ai regardé ses mains. Forcément, il avait beau ne pas être en face de moi mais à côté, des mains comme ça je ne pouvais pas les laisser passer.

- Alors vous me dites que vous lisez et en fait vous regardez mes mains.

On a essayé de prendre quelques photos, mais ça ne rendait pas bien, et on a convenu de les faire sur le quai. Car il s'est avéré que nous descendions à la même station.
Nous avons fait plusieurs essais, nous sommes tombés d'accord que celles là étaient les meilleures, sur fond de bitume ces mains là passaient très bien.

Entre temps on s'était mis à se tutoyer.

De ses mains je sais qu'une des deux ne s'ouvre pas bien car elle a été trouée. La cicatrice se voit peu, sous les dessins. Il y a deux inscriptions en écriture thaïe, son prénom, et le nom de la boxe thaïe, car il en a fait beaucoup. Il a une tête de mort sur la main droite (la moto) et une fleur sur la main gauche. Il a les 5 points (seul entre quatre murs), dont je ne connaissais pas la signification, et qu'il a camouflé pour ne pas avoir d'ennui au travail. Il m'a dit avoir aussi des yeux sur les genoux, un éléphant dans le dos, la tête de Maure Corse sur le poignet, et bien d'autres choses encore qu'il ne m'a pas décrite en détail, car sa peau est un vaste territoire marqué d'absolument partout, et l'emplacement de quelques tatoutages lui est incertain.
Il a fait son premier tatouage à seize ans, et le deuxième, la Corse, il l'a coloré seul, chez (j'ai oublié le nom) à Pigalle. Il m'a demandé si je connaissais l'endroit. J'ai dit non, que c'était un monde qui m'était étranger. Il a rigolé, il m'a dit, faut sortir un peu, Cécile. J'ai déjà sorti la tête de mon livre pour regarder ses mains : c'est un beau début.

Il m'a dit aussi, que sur son pied droit, je crois, toujours à cause de la boxe thaïe, il avait fait inscrire : morituri te salutant.
Ceux qui vont mourir te saluent. On ferait bien parfois, de s'adresser comme ça les uns aux autres : pas pour se donner des coups de pieds, mais pour ne pas oublier de se serrer la main.
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