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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 12:07

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Venez par là, que je vous épluche. Votre coeur ne m’intéresse pas. Il est bon certainement, il est savoureux. Mais tous ces pépins, sans doute... Non, je ne vous prends pas pour une pomme. C’est juste cela : mon utilité n’est pas dans la consommation. Je sais, j’apprends, à me contenter de ce que, de vous, les autres ne veulent pas.
Venez, que je vous écorche. Je vous promets, ça ne fera pas mal. J’irai à l’économie, j’en enlèverai le moins possible. Je m’exercerai seulement à cela, sentir ce qui cède, faire venir sous la lame le plus long ruban possible, voir comment il s’enroule sur lui-même, comment il danse sur son vide. Et vous vous découvrirez peut-être immense dans cette lecture superficielle, dont je ne sais si elle m’aiguise, si elle m’émousse.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:58

 

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Toute transformation réclame effort. La lumière qui sort comme ça toute seule sans avoir mal aux cuisses, ça fait longtemps que ça se fait plus. Fiat lux, oui, mais faut pédaler. Ca éclaire mal, en plus. Jamais plus de quelques secondes d'avance sur le trajet. Les nids de poule, les pavés déchaussés, on les évite de justesse. Ca éclaire mal, juste un halo cahotant, flou, et tellement peu panoramique.

Toute transformation génère sa perte. Ralentissement de la vitesse. Et même du coup, à cause de la fatigue, on n'ira peut-être pas aussi loin que prévu.

Mais tout ce gaspillage du frottement, ce frein, cette peine : c'est aussi un chant pour l'oreille.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 09:09

 

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Vous dire seulement cela, que depuis le 15 janvier et cette belle journée anniversaire de Remue.net, j'ai découvert des nouvelles fréquences, affiné les règlages pour mieux recevoir d'autres que je suivais déjà. Maryse Hache en a parlé mieux que je ne saurais le faire, Anne Savelli aussi, et Thierry Beinstingel. J'en oublie, oui, j'en oublie forcément, c'est ça qui est bien avec les ondes, on ne peut pas les retenir (mais on sait qu'à la faveur d'un petit jeu de molette, on y reviendra forcément, parce que, comment vous dire : c'est tout le contraire de la télé, sur ces fréquences là à chaque fois qu'on y va c'est de la joie).

J'ai diffusé moi même un peu ailleurs, sur Remue, ici, * et puis aussi. Mais Remue, ce n'est plus tout à fait ailleurs en fait, grâce à ce mot de fraternité qu'a prononcé Sébastien Rongier. En parlant de fraternité, forcément il fallait cette image, prise au ciel de Juliette Mezenc, car Juliette c'est ma frangine, ça fait pas longtemps qu'on le sait mais c'est de plus en plus vrai.

 

 

* voir aussi les textes de Philippe de Jonckheere et Anthony Poiraudeau, en attendant celui du duo Anne Savelli-Thierry Beinstingel lus à la même table ronde.

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 09:24

#

 

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Demain donc, à l'invitation de Remue.net, tenter de répondre à la question, ce qu'internet change à l'écriture. Dans cette question, une autre lovée tout contre, ce que ça change à la lecture. Ce qui m'occupe en ce moment, dans l'écriture, pertube toutes mes lectures. Les contamine. Tentée, sur chaque chose lue, d'apposer toujours le même hashtag mental, d'indexer tout le flux d'informations à la même catégorie obsédante. Comme si tout parlait de cela, qui m'occupe en ce moment.

Et si j'appelle ensuite ce dièse accidentel : submergée.

La panique, alors, la panique et la tristesse de n'être pas assez grande pour accueillir tout cela.

Et puis, la nuit passe, au matin je vois ce que cette pluie de # a produit d'elle-même, à la faveur d'une toute petite inclinaison : des correspondances inattendues, une liberté supplémentaire.

Voilà, ce n'est pas la question à laquelle je dois répondre demain, mais c'est toujours ça de gagné.

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 11:24


savonnette

Il y a quelques jours j'ai eu un nouveau jouet, petite application permettant de retranscrire la parole en texte. Ca s'appelle Dragon.

J'ai essayé, pour voir, avec ce petit texte de Francis Ponge, Le savon. J'ai donc chuchoté cela à l'oreille de mon Dragon : 

"Si je m'en frotte les mains, le savon écume, jubile... Plus il les rend complaisantes, souples, liantes, ductiles, plus il bave, plus sa rage devient volumineuse et nacrée... Pierre magique ! Plus il forme avec l'air et l'eau des grappes explosives de raisins parfumés... L'eau, l'air et le savon se chevauchent, jouent à saute-mouton, forment des combinaisons moins chimiques que physiques, gymnastiques, acrobatiques... Rhétoriques ? Il y a beaucoup à dire à propos du savon. Exactement tout ce qu'il raconte de lui-même jusqu'à la disparition complète, épuisement du sujet. Voilà l'objet même qui me convient. * Le savon a beaucoup à dire. Qu'il le dise avec volubilité, enthousiasme. Quand il a fini de le dire, il n'existe plus."

 

Voici ce que mon Dragon a compris :

"C'est vraiment trop clément le savon et tu me jubiles plus hier en complaisante souple cliente du plus Sarah je viens volumineux et la craie pierres magiques plus des formats avec les rayons des grappes explosives de raisins parfumée le rôle air le savon se chevauchent joie saute-mouton forme des combinaisons moins cynique Philippines-acrobatique rhétorique il y a beaucoup à dire à propos du savon exactement tout ce qui raconte même jusqu'à la disparition complète épuisant du sujet voilà le gamin qui me convient le savon a beaucoup à dire qu'il dise les possibilités enthousiasme quand il a fini de me dire il n'existe plus".

 

Première réaction, stupeur, un peu eu envie de lui passer un savon. Puis je me suis dit que peut-être, sans vouloir me faire mousser et faire ma Françoise Sagan, j'y étais aussi un peu pour quelque chose dans ce malentendu. N'avais pas pris le temps de faire les réglages? A moins, finalement, que dans cet écart entre le dit et le compris, puisse surgir un nouveau sens, une nouvelle beauté.

 

Mais n'empêche, samedi 15 janvier à 15H, je ferais un effort, j'essaierai d'articuler.



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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 15:56

Zip

 

sachet-refermable.png

 

Nous rêvons d'ouvertures faciles. Nous n'avons pas les mains si expertes, et si peu d'outils. Le burin nécessaire au descellement de la malle au trésor : lourd, trop lourd pour nos bras frêles. L'ouvre-boite : bon pour les épinards, mais ce n'est pas le fer que nous cherchons. Le cadenas à code, trop long, d'autres que nous peut-être sont plus doués pour les combinaisons, et nous avons peu de temps avant que la faim nous dévore.

Nous rêvons d'ouvertures faciles. Alors, sachez, sachets, comme on vous aime, parce qu'en un zip ça y est.

Mais sachez aussi que dans votre lente fermeture, vous coincez les cheveux de nos rêves.

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 17:26

salle-d-attente.jpg

Il se trouve que cet après-midi, je me suis retrouvée dans une salle d'attente. Pour attendre. Dans une salle d'attente, on ne peut rien faire d'autre. Au début on essaie, on se débat, on sort son bouquin. Je n'avais pas n'importe lequel, j'avais Cosmoz, de Claro, ça permet de tenir. Sauf que, dans la salle d'attente, c'est un peu comme pour Oz, on ne sait jamais si c'est pour dans cinq minutes ou pour dans dix mille ans. On entend des pas qui vont, qui viennent, jamais pour soi. Que ce soit pour se faire retirer une dent, pour un rendez-vous avec une comptable, un gynéco, un directeur, ou bien le loup lui-même, c'est toujours pareil, l'attente. Lentement, elle vous mange. Au bout d'un moment le livre tombe tout seul, parce qu'il n'y a plus personne au bout des mains, il n'y a que l'attente faite chair, blanche, blanche, blanche, et bête à en lire Voici-voilà, et même pas.

Parce qu'au bout d'un moment, entre cinq minutes et dix mille ans environ, s'impose cette question : y a t-il quelque chose derrière la porte de la salle d'attente? Ou bien le monde s'arrête t-il là?

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 11:53

tapette_souris-1.jpg

 

Je fomente quelque chose d'effroyable. J'y pense tout le temps, même en rêve, et de nouveau quelque chose scintille, mica de cruauté bisauté douceur, qui fait que le monde me semble, disons, acceptable. Je fomente, à peine des actes, seulement un peu d'écriture, déconnectée de toute intention fructificatrice, mais non dépourvue de calculs. Je réinvente le risque, condition nécessaire de la vie, et pas seulement de son saccage comme on veut nous le faire croire. Je réinvente le risque, seulement déplacé, par une infime entreprise d'import-export, dans une galerie suffisamment étroite pour qu'il y ait peu de passage. Je sais déjà que c'est sur moi que le quelque chose claquera. Bruit sec de la page refermée.

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:36

 

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Voici celles d'électrons (sans doute libres) rentrant avec une tension de 20kV dans un matériau métallique. Que les vôtres, qu'elles soient de volontés, d'images ou d'énigmes, vous produisent autant de bonheurs échevelés.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 21:00

 

Photo0515
(non ce n'est pas la neige)

 

Le coton-tige c'est dangereux. Ca fait du bien mais c'est dangereux. On frotte on frotte, on va trop loin et après voilà. Le coton-tige faut s'en méfier. Comme tout ce qui apporte du plaisir, d'ailleurs. C'est mauvais comme tout. On n'imagine pas. On peut perforer.  On peut crever. Faut pas ce fier au coton doux, à la tige fine. C'est une arme, véritable. C'est pour ça, principe de précaution oblige : maintenant on fabrique des coton-tiges sécurisés. C'était trop de risques. Bientôt on interdira les coton-tiges dans les aéroports. Peut-être que c'est déjà fait, espérons. 

Parce que sinon vous n'auriez plus vos jolies esgourdes pour m'écouter parler de ce qui m'occupe un peu (beaucoup) en ce moment, alors que le son est bon. Merci encore à Remue.net de leur invitation le 10 décembre dernier. Vous pouvez aussi écouter ici les deux autres écrivains invités à parler de leur résidence d'auteur, Florence Ascal et Laurent Contamin, ainsi que Xavier Person, chef du service livre de la Région Ile-de-France à l'origine de ce programme de résidence.

J'en profite, mais je le redirai, pour signaler la journée du 15 janvier pendant laquelle Remue.net fêtera ses dix ans d'existence. J'y interviendrai aussi, et surtout plein d'autres auteurs que j'ai hâte de voir en vrai, tout le programme ici.

 

(et pour mon intervention, vous verrez, je suis un peu lente au démarrage mais je démarre quand même : patience, et longueur de temps...)

 

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