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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 20:00

 



Si Nathalie cherche à se divertir avec un Banco, c'est qu'une préoccupation sombre la travaille, qu'elle voudrait pouvoir fuir.
Depuis quelques jours, Julie, sa fille aînée, ne parle plus. Elle est là, elle participe aux repas, débarasse son assiette, puis s'en va dans sa chambre et on ne la revoit plus de la soirée. Elle est là, mais elle est hors d'atteinte.
Aucun conflit ouvert à signaler ces derniers jours, pourtant.
A peine, sur le visage de Julie, une pointe d'agacement l'autre jour, quand Nathalie lui a rendu ses clés qu'elle avait emporté par mégarde.
Cela suffit-il à provoquer un tel mutisme?
Nathalie cherche une autre cause. Elle interroge Julie. Plusieurs fois elle tente :

   - Mais qu'est-ce t'as?
   - Rien, rien (sur un ton, selon les moments, nonchalant ou exaspéré)

Nathalie se demande quoi faire. Elle a conscience que sa réaction ne peut être la même selon ce que le silence recouvre. Mentalement, elle construit un arbre de décision. Elle tente de sérier les hypothèses, de mettre en face de chacune d'elle une réaction appropriée.
Elle en déduit trois stratégies d'action possibles :
- consulter un médecin
- ne rien dire, ne rien faire, ça va passer tout seul
- la laisser venir avant d'agir

Elle mesure l'absurdité d'emmener sa fille chez le médecin sans aucune conversation préalable. Or, c'est justement cela qui est impossible. Elle se rabat donc sur "ça va passer tout seul" ou bien "la laisser venir avant d'agir", ce qui revient au même, une position d'attente, un "ne rien faire" craintif, car si jamais c'était grave?

Mettons, par exemple, qu'elle ne soit pas malade. Mettons qu'elle cache quelque chose. Mettons que ce soit grave. Mettons qu'elle ne soit pas enceinte. Mettons qu'elle ne se drogue pas. Mettons qu'elle ne soit pas prête à en parler. Est-ce que vraiment, ça va passer tout seul?

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 20:03


Avant de partir chez Manpower pour vérifier quelle mission pourrait lui être proposée, Nathalie a fait ce matin un petit crochet par le buraliste, pour l'achat d'un petit rêve à faible mise. Manière de s'échapper de la peur du déclassement, s'imaginer à la tête d'une somme inopinée. Qu'elle soit limitée et que Nathalie n'ait pas choisi l'Euromillions pour rêver n'y change rien. De toute façon elle ne comptait pas gagner quelque chose. Pas vraiment. Elle comptait seulement s'autoriser, toute la journée, au jeu des hypothèses.
Et si je gagne tant, je m'achète..
Et si je gagne tant, je donne tant à ...
Et si je gagne tant, peut-être je pourrais en épargner un peu..
Et si je gagne tant, est-ce que je le dis à ...

Dans le sac à main de Nathalie aujourd'hui, en plus du fatras habituel, il y avait ce carré de papier brillant et dessus, une étoile vierge à gratter bientôt, en attente d'être révêlée. Nathalie aujourd'hui fut Perrette portant son pot au lait, mais plus sur sa tête comme autrefois.

Et puis, revenue de chez Manpower où il n'y avait rien pour elle, elle a sorti son Banco, elle a gratté :


Deux euros, quand on en a misé un, c'est juste assez pour se payer un nouveau rêve, tout en rentrant dans ses fonds.



Pour ceux qui veulent faire pareil que Nathalie, ce tableau péché sur le site de la Française des Jeux, sur les rapports du nombre de gains et de la valeur des gains au Banco : sur 360 000 tickets émis, 83 274 lots, soit 1 chance sur 4,32 de gagner, est-il conclu... Disons qu'il existe certainement des hasards plus heureux.

nb de gains   

8
valeur

1 000 €
6 200 €
560 100 €
950 15 €
9 400 5 €
28 000 2 €
44 350 1 €




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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 20:59


                                              " Je ne trouve rien de plus ridicule au monde qu'un diable qui se désespère."
                                                                                                                                                                        Faust , Goethe

Est-ce le temps soudain plus long? Est-ce la conscience de la fausseté de ce temps plus long que morcellent déjà les multiples tâches domestiques que Nathalie avait délaissées ces derniers jours? Est-ce un début de rhume qui pointe? Toujours est-il que toute la journée a été dominée par une sorte de mal de tête diffus mais tenace.
Vers 16h, alors qu'elle avait entrepris de classer les papiers en souffrance, elle a décidé que c'était assez. Mais dans l'armoire à pharmacie, la boite de doliprane était vide. Elle est descendue en acheter.
En attendant son tour à la caisse, elle a regardé tourner l'écran proposant quelques publicités sur des produits phares de la parapharmacie, entrecoupées d'informations intéressantes telles que :



En sortant de la pharmacie, est-ce ce chiffre ou autre chose, elle a éprouvé, en sus de son mal de tête ou alors emmêlé dans cette douleur, une lassitude, une fatigue, un doute sur sa capacité à mener les choses à leur terme.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 21:00



La mission d'intérim de Nathalie se termine. Demain sera pour elle un lundi de vacance, sans s.
Un lundi où elle pourra accompagner sa fille à l'école, puis prendre un peu de temps. Ranger la maison, aussi. Ensuite il faudra vite enchaîner, ne pas laisser s'installer cette période d'entre deux, ne pas rester au milieu du gué de peur que le gué s'élargisse.
Elle sait que quand elle a un peu plus de temps, les enfants sont heureux. Son mari, aussi, au début. De la retrouver le soir avec un visage moins fatigué, et que le repas du soir soit plus élaboré. Mais c'est un état qui ne dure pas. Ensuite il a l'anxiété qui recouvre le reste.
 Dans la tension permanente entre ses trois injonctions d'épanouissement, Nathalie peine à trouver la plénitude équilatérale.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 20:57


Quelques âmes assoiffées de connaissance ont réclamé d'en savoir plus sur le sac à main de Nathalie Pages. Satisfaction leur soit donnée. Il se trouve que ce matin, alors qu'elle souhaitait payer son café, elle s'est avisée que son porte-monnaie ne contenait que la somme de 1,50 €, quand le café en coûtait 1,70 €. Elle a cherché avec la main, au fond du sac, une ou deux pièces fugueuses qui lui aurait sauvé la mise. Mais le sac était trop plein, un vrai maquis. Seule solution : le retourner.
Devant cet étalement sur le formica rouge de la table de bar, elle a pu constater la pertinence tout aussi bien que la réversibilité de la formule tout est dans tout et réciproquement. Car tout y était, même les vingt centimes manquant, mais en même temps rien n'était dans rien. C'est à dire que le sac, contenant principal, contenait plusieurs contenants secondaires, mais qu'en même temps la plupart des contenus s'en échappaient.
Ces contenus, on peut les lister, on peut tenter. Nous repérons ce qui semble être un ticket de caisse, un gloss à lèvres brillant d'une marque dépendant certainement du groupe L'Oréal, 4 pièces de monnaie qui lui ont sauvé la mise, un stylo bille quatre couleurs, un tampax, trois trousseaux de clé avec dispositif Vigik et porte-clé en nounours  (elle a emporté par mégarde celui de sa fille aînée, Julie, et elle en a toujours un de secours, par peur de perdre), et sur l'un des porte-clé, la très reconnaissable petite carte de fidélité Simply Market, au joyeux graphisme emprunté aux folles années 70, une lettre Q en émail à la destination sinon à la signification inconnue, un badge, un porte-monnaie, un genre de porte-feuille portant mieux son nom que la plupart, car il porte en effet de nombreuses feuilles pliés aux statuts indécidables sur la photo. Le reste est hors cadrage.
Car il y a un reste. Car un sac à main de femme peut contenir beaucoup plus encore, et contient toujours beaucoup plus qu'il ne peut.
Le sac à main des femmes est un contenant universel. Un peu comme l'idée de Dieu, si on veut bien me pardonner la comparaison. C'est à dire, qu'on peut y mettre tout et n'importe quoi (moi-même j'avoue avoir retouvé un jour dans le mien - de sac à main - une boite de sardines, pourquoi et comment je ne saurais le dire), et qu'il est entouré d'un mystère insondable, alors même qu'on l'utilise la plupart du temps à des fins extrêmement prosaïques.
Et c'est certainement pour cela, parce que l'homme a renoncé concernant l'idée de Dieu, finissant par conclure à regret qu'il s'agissait là de quelque chose d'inconnaissable, qu'il est toujours si avide concernant le sac à main des femmes. Manière de déplacer vers un terrain qui ne semble pas hors de portée une ... question.
Mais les questions ne sont pas faites, pas toutes, pour être répondues. Tout ne peut pas être transparent. Cest pour cela que j'écris, c'est aussi pour cela que les sacs à main existent.
Pour cela, et aussi, peut-être, pour lester les femmes. Car elles sont si légères.


Précision sur la photo : ceci n'est pas le sac à main de l'auteur
Pour ceux qui veulent continuer sur la question importante du sac à main, voir aussi cet autre texte.
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 13:24
Des mains au visage, le chemin n'est jamais long, et ce sera la seule exception où je publierai le visage d'une personne rencontrée dans le métro et photographiée pour ses mains.
Comportement abusif de l'auteur envers son personnage. Doublement abusif :
1- J'avais promis à Nathalie Pages, comme aux autres, de ne donner à voir que les mains. Ceci est une trahison caractérisée.
2- Avant cela, même, j'ai eu ce mouvement coupable de ne pas résister au fanstame répandu, je pense, même si je n'ai aucune statistique sur le sujet, ce fanstame des auteurs à rencontrer leur personnage.
Or, si le personnage s'incarne quelque part, ce doit être normalement sur une terre inaccessible à l'auteur, ce doit être dans la chair des lecteurs.
Alors pourquoi donner à voir le visage de Nathalie, pourquoi imposer cette image plutôt qu'une autre, alors que possiblement il y a autant de visages d'elle que d'imaginaires se penchant de temps à autre sur ce blog?
A double abus, double justification :
1- Il est temps de le redire, que toute écriture est une prise de pouvoir, et que l'écriture littéraire n'est pas celle qui s'arroge le plus de puissance sur nos vies. Nathalie, qui est écrite avant tout par les enregistrements divers des sismographes sociaux, est-elle moins dessinée quand on la catégorise dans des diagrammes que quand on donne à voir son visage?
2- Et le visage, n'est-il pas de toute façon un nouvel espace de lecture? Un espace ambivalent, où aucun sens n'est définitif, où tous les malentendus sont possibles? Par exemple, sur cette image, Nathalie Pages pourrait aussi bien être triste que seulement pensive, elle pourrait aussi bien être un genre de Nathalie Menigon, une actrice-mystère, ou une mère de famille fatiguée.
Même avec un visage proposé, Nathalie ne sera jamais définitive.


Image réalisée sur un site proposant un logiciel de création de portrait robot. Nathalie est désormais enregistrée dans la banque de données du site.
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 18:24

Vendredi soir, Nathalie a quitté son travail à 18H35, c'était un peu tard pour espérer arriver à l'heure à la maison. Elle a un peu couru jusqu'au métro, au niveau des tourniquets sa carte navigo ne s'est pas déclenchée automatiquement quand elle a passé son sac : c'était un livre qui s'était intercalé entre le cuir du sac et la carte.
Elle a attendu la rame, est montée, a attendu trois stations avant de pouvoir s'asseoir. Et puis ouf, une place s'est libérée, elle s'est assise, elle a soufflé.
Elle allait prendre son livre, elle en avait l'intention, mais la personne en face d'elle s'est penchée pour lui parler.
C'était une femme, jamais vu cette tête là. Une femme pas trop bien coiffée, avec un grand nez. Qu'est-ce qu'elle voulait?
- Elle a dit, mais c'était un peu marmonné : bonjour, je peux vous déranger?
Nathalie avait envie de répondre non mais ça ne se fait pas. L'autre a continué
- Alors voilà, je fais un blog littéraire, et dans le cadre de ce blog, j'ai un projet, c'est de demander aux personnes qui sont assises en face de moi dans le métro si je peux photographier leurs mains, et qu'elles m'en parlent. Vous voulez bien?
Quoi répondre? La femme a expliqué, l'air un peu embrouillé, géné.
- C'est juste les mains, on ne voit pas le visage
En même temps c'était marrant comme idée, et qu'est ce ça pouvait faire après tout? Puisqu'on ne voyait pas le visage. Nathalie a dit oui.
Elle a ouvert les mains, la femme s'y est reprise à deux fois pour prendre la photo, en s'excusant qu'elle avait oublié de neutraliser le flash et que c'était vraiment trop laid avec le flash, ça écrasait tout. Et puis après elle a montré la photo, ça fait bizarre de voir ses mains en photo, c'est un peu comme d'entendre un ami parler de vous.
Ensuite la femme a rangé son appareil photo dans son sac, et, tout en se mettant à chercher un peu fébrilement un bout de papier et un stylo, elle a dit :
- je vais vous donner l'adresse du blog. Et alors, qu'est-ce que vous avez à en dire de vos mains?
Alors là : colle.
Nathalie n'avait rien à en dire de ses mains.
Elles lui servent tout le temps, elles sont là au bout des bras, mais après, quoi?
Elle a haussé les épaules, souri, elle était un peu génée, elle avait peur que les autres écoutent, mais non, les autres n'avaient pas l'air d'écouter.
La femme a dit, pour l'encourager :
- Vous avez une alliance.
- Oui. Et Nathalie s'est mis à jouer avec, à passer le pouce sur l'anneau, comme pour vérifier. Elle a pensé à son mariage, à ses mariages qui s'étaient succédés sur son annulaire, deux alliances, une rangée maintenant dans une boite quelque part, l'autre en service. Elle a pensé à son mariage et au fait qu'en temps normal elle n'avait pas trop le temps d'y penser.
La femme lui a dit aussi :
- Vous savez, c'est marrant, vous avez présenté les mains paumes ouvertes, vers le ciel, et j'ai remarqué que ce sont surtout les gens qui se servent beaucoup de leurs mains, qui font du travail manuel, qui les montrent comme ça. C'est votre cas?
Nathalie a dit non. Mais elle avait envie de dire oui. Elle aurait aimé pouvoir dire oui.
Car oui, Nathalie aimait le dessin, aimait le dessin et dessiner à la folie, ce n'est pas qu'elle avait du talent mais elle aimait, cette concentration dans le trait, cette dissolution de l'esprit dans le geste, et ce que cela apportait de ... Comment dire? De liberté?
Alors elle s'est risquée, elle a dit :
- non, je ne fais plus rien, mais avant, oui. Avant, pour moi, oui, je dessinais beaucoup. Enfin, rien d'important, mais j'aimais bien.
- et pourquoi vous avez arrêté?
Nathalie a rigolé, elle a dit :
- je n'ai pas le temps !
Et l'autre femme lui a souri, lui a dit :
- Vous savez, moi non plus je n'ai pas le temps d'écrire. Mais je le fais. Et du coup, le temps s'ouvre.



(Dessin des mains de Nathalie par François Matton, qui a gentiment accepté ma sollicitation. Je ne pouvais pas me résoudre à bricoler moi-même quelque chose pour cette rencontre, car toutes les mains photographiées dans le projet A mains nues me sont des cadeaux. C'est ainsi que je les ressens. Il fallait que les mains de Nathalie, aussi, soient un cadeau. Et celui là est vraiment très beau.)

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:25
Nathalie Pages n'a pas participé aujourd'hui à la votation sur l'avenir de La Poste. Elle se demande si ce n'est pas dommage.
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 21:19

Le matin, quand elle sort de chez elle, Nathalie a l'impression bizarre d'un regard qui la suit.
Tout le monde a ressenti cela, la pulsion de regarder derrière soi et de voir que quelqu'un justement, nous fixe. Comme si nous avions derrière la tête un organe de toucher spécial, un organe de toucher du regard.
Mais Nathalie, quand elle se retourne le matin dans la rue de la Justice, ne voit jamais personne qui la regarde. Normal, le regard est mécanique.

Photo de la rue de la Justice récupérée sur Google Map (service street view)
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 13:24


Depuis hier soir, une vieille douleur se réveille en elle. Sous le plombage une carie redémarre, la taraude.  Ce matin c'était intenable. Elle a pris rendez-vous entre midi et deux.
Ils sont nombreux dans la salle d'attente. Encore trois à passer avant elle, et d'autres pour la suite.
Pour attendre elle feuillette les journaux présents sur la table basse, s'informe dans un vieux ELLE de la mode de l'été déjà passé, passe en revue quelques Paris-Match écornés, revoit les énièmes photos de Michael Jackson, s'ennuie. Elle regarde dans Capital le dossier sur le prix de l'immobilier à Paris. Ca baisse, mais pas sa douleur à la dent. Elle passe à la presse quotidienne. Il y a là quelques vieux Monde, quelques Figaro, parfois seulement quelques pages.
Elle lit une interview de Devedjan sur la fin de la crise, ça date déjà, c'était dans Le Monde du 25 août. Il dit "Notre choix de soutenir l'investissement a produit ses effets", et puis, plus loin "L'économie, c'est aussi de la psychologie".
Elle revient à la presse People, elle passe la langue sur ses dents, elle se demande si une couronne n'est pas en train de tomber.
Et les amalgames aussi, il faut dire que ce n'est pas très solide.
Pour oublier qu'elle a mal, elle essaie de se concentrer sur l'interview de Laurence Parisot dans Le Monde du 3 septembre. Elle lit cette phrase, à propos des conflits sociaux, qu"aucun désespoir ne saurait justifier aucune transgression".
La porte s'entrouvre, derrière la porte une voix appelle : "Nathalie Pages", c'est à son tour (d'y) passer.

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