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Une bouche de plus à nourrir

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sur la voie publique

 

HPIM5768

Laver son linge sale en famille : un précepte fondamental. Le socle, en quelque sorte, de notre société patriarcale.

La laverie automatique est la seule concession à ce commandement sacré. Un sorte de maison close du lavage de linge, honteuse mais tolérée pour l'hygiène.

On y rentre, on éprouve de suite ce déplacement forcé des notions de familiarité et de pudeur. Côte à côte en remplissant les machines, on fait semblant de s'ignorer. Au même moment, on s'éprouve, fragile.

Sur un banc mal calé, on regarde ensemble, et pourtant séparés, les mouvements rotatifs, hypnotiques, des tambours de sèche-linge, inexorables, infiniment fatigants. On guette celui qui s'arrêtera en premier. On contemple l'écroulement subi du linge, enfin libéré de la roue sempiternelle. Le soulagement que ça fait, quand ce bruit chaud s'arrête...

Et puis on remballe, on s'en va, on s'oublie. Ne reste que le souvenir d'une famille éphémère dans laquelle le linge fut lavé. Ne reste que la fraternité.

Alors, à quand les machines à laver dans la rue?  Que la fraternité ne parte pas au rebut...

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S
<br /> Ah !je suis heureuse de découvrir votre article sur un sujet qui m'est cher en ce moment : les machines à laver.<br /> J'ai eu dernièrement le privilège de voir les parties cachées d'une machine qui m'a presque accompagnée pendant 23 ans et c'est un spectacle merveilleux. Il y a une foule de personnages en béton<br /> cachée à l'intérieur.<br /> Et dans les heures qui viennent je vais voir revivre la machine à laver de ma grand-mère.<br /> Les machines à laver vivent vieilles dans ma famille.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Tout ce spectacle intérieur dont vous parlez me montre à quel point je ne fait qu'effleurer les sujets... Il va falloir plonger dans le tambour. <br /> <br /> <br /> En tout cas, merci à vous Souricette, que j'ai déjà aperçu dans d'autres galeries, de venir faire un tour par ici<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> J'aime beaucoup ! "On regarde ensemble ..." et puis on repart, avec le coeur plus léger, comme après avoir déposé quelque chose d'un peu pénible.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Merci Kouki<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> Mais qui a volé les ailes de l'ULM ?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> le roi, certainement. <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> Oui, cette sidération oculaire devant le hublot du lavage : l'idée de la crasse qui s'évapore dans l'écume du savon, l'idée que nous serons revigorés, décapés et alors peut-être même sauvés. Le<br /> salut devant le hublot.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> pour le hublot il y a Philippe Annocque, www.hublots.over-blog.com, à tout seigneur tout honneur<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> Si les machines à laver commencent à faire l'école buissonnière dans la rue ...<br /> <br /> Très beau texte, imagé, philosophique, sociologique... Une réalité que je ne connais pas : je n'ai jamais mis les pieds dans un lavoir. J'imagine chacun dans sa bulle (de savon) à essayer de<br /> dévider les noeuds de son linge sale ! Quand le tambour bat, les idées fusent !<br /> (J'imagine la patience de la mise en scène de la photo, ces vélos, ces poubelles et cet homme appuyé à l'arrière plan, belle composition!)<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> le lavoir, ça avait du bon effectivement, à ce détail près que seules les femmes s'y collaient<br /> <br /> <br /> <br />