Une bouche de plus à nourrir
Le tiroir est pernicieux. Nous fait croire qu'enfin, chaque chose aura sa place et sera toujours disponible. Sous son empire on croit que la façade et le fonds communiquent en belle harmonie, et qu'à chaque contenant on peut promettre son contenu (et...
Lire la suite"Plus les télescopes seront parfaits, et plus les étoiles seront nombreuses." Gustave Flaubert* Le monde est flou. Cela, nous ne le supportons pas. Nous cherchons à tout prix que les contours en soient nets. De plus en plus nets. Nous échouons, bien sûr,...
Lire la suiteLaver son linge sale en famille : un précepte fondamental. Le socle, en quelque sorte, de notre société patriarcale. La laverie automatique est la seule concession à ce commandement sacré. Un sorte de maison close du lavage de linge, honteuse mais tolérée...
Lire la suiteNous sommes comptables de notre énergie. Nous savons calculer exactement ce qu'il nous en faut dépenser. Nous passons beaucoup de temps à des réglages infimes, cherchant le climat adéquat pour perdurer. Mais peut-être est-ce cette parcimonie qui finit...
Lire la suiteIl y aurait bien, parfois, dans l'idée d'écrire, une tentation de ménagère : faire disparaître la crasse du monde. Le texte fait éponge : frotté au réel, il s'imprègne, absorbe tout ce qui est dégueulasse. Le jus qui sort quand on essore, ce n'est pas...
Lire la suiteLe chien, comme l'homme, a besoin qu'on le désennuie. A moins que ce soit l'homme qui projette sur le chien. Toujours est-il : dans cette relation complexe de l'homme et du chien, intervient rapidement, comme dans toute autre relation qu'instaure l'homme...
Lire la suiteJeter les gants, c'est le contraire de jeter l'éponge. C'est prendre le risque de se salir, de manipuler sans l'excuse d'un intermédiaire. C'est se jeter soi-même dans le travail : explication, sans doute, de la maigreur des textes jetés ici. Le chantier...
Lire la suiteNous disposons d'un fier bateau. Grand, robuste, faisant son effet. Mais il est peu manoeuvrable, si bien qu'on renonce au bout d'un temps à sortir du port. Alors, au soir tombé on se glisse dans l'annexe. Vues de là toutes les vagues sont plus hautes....
Lire la suiteJ'ai passé trois jours sous le vent, dans la lumière. J'ai vu le brise-lames. Quand on y est, on voit bien que ce qui résiste ce n'est pas le rempart, mais les plis et les trouées. Dans les brèches la vague s'engouffre et oublie sa fureur, d'être ainsi...
Lire la suiteFaite pour servir, vissée à l'établi. On n'a jamais constaté en elle la moindre défaillance. Elle est vieille, d'accord, mais une neuve ferait-elle mieux le boulot? Est-ce qu'on aurait raison, maintenant, de lui reprocher d'être trop lourde? Est-ce qu'on...
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