Une bouche de plus à nourrir
J'étais en train de lire un article de Jean-Paul Fourmentraux sur les oeuvres en partage (la création collective à l'ère d'internet), et à vrai dire je n'étais pas complètement dans ma lecture, car son évocation liminaire sur la disparition de l'auteur...
C'est toujours quand il est tard, quand l'un des deux dort presque, que l'autre dit des choses importantes. Dans un demi sommeil je l'entends. "Mon grand-père avait des mains énormes, tu sais. Des mains avec des doigts tellement gros qu'il ne pouvait...
Je me doutais bien que les mains du matin étaient plus rétives. Portées vers leur but, vers leur utilité. Je n'avais tenté que le soir, quand les gens rentrent chez eux, que le métro est un temps de décompression, pas de mise en condition. Ce matin j'ai...
Je signale qu'on vient de me signaler que des mains bleues courent dans la ville. On m'a promis une photo, j'attends. Mieux vaut tenir que courir. Car la même personne me signalait, il y a quelques semaines déjà : "je connais quelqu'un qui a vraiment...
Dans l'écriture il y a toujours ce qu'on garde parce qu'on trouve que ça fait sens, et ce qu'on jette, ou plutôt ce qu'on perd. Dans l'écriture de l'actualité cela donne des choses exaspérantes, désespérantes, surtout quand le sens cherché est si pauvre...
Il y a d'autres manières, que les chiffres et les lettres, de se faire des quadrillages où accrocher son corps, sa chair. Béatrice Rilos : Je dessine toujours sur ma peau. Le support n’est pas commode. J’utilise des stylos-bille… peut-être que l’outil...
Je voudrais, j'ai le projet de photographier des mains. Les mains des gens. Je voudrais photographier les mains des gens car à l'endroit du visage il y a trop de pudeur , trop de droit à l'image. On peut facilement photographier les visages proches et...
Tombée sur ce petit film de Duras, L es mains négatives . Un cheminement le long des rues désertes de Paris, à l'aube, et la voix de Duras parlant de l'homme qui a, il y a trente mille ans, laissé en empreintes noires sur les murs d'une grotte, ses mains....
C'est une grande joie d'accueillir, par le principe des vases communicants , un texte de Philippe Annocque, qui me fait le plaisir en échange de me laisser envisager le monde aujourd'hui par l'un de ses Hublots , depuis lesquels il nous scrute quotidiennement...
Invitation croisée entre Dominique Boudou et moi dans le grand chambardement du premier vendredi de chaque mois, vases communicants, initié par François Bon, animé par Jérôme Denis et Pierre Ménard : ça déménage. Je me suis dit que cette fois-ci il fallait...
Vous aurez remarqué, sans doute, que je suis un peu paresseuse, sur ce petit tapis de gymnastique. Les raisons? Je pourrais dire : j'essaie d'avancer sur d'autres terrains. D'autres terrains? Des petits jardins partagés, des grands chantiers à ciel ouvert,...
La loi des séries est une terrible loi. Je m'y astreins seulement pour avoir un chalut où rassembler des pensées sans trop d'effort. Mais au bout de quelques mois le chalut s'use, il laisse passer n'importe quoi, et dans les deux sens. Tenez, mon chalut...
"Plus je veux être Moi, plus j'ai le sentiment d'un vide. Plus je m'exprime, plus je me taris. Plus je me cours après, plus je suis fatiguée. Je tiens, tu tiens, nous tenons notre Moi comme un guichet fastidieux. Nous sommes devenus les représentants...
Lu le très beau texte de Régine Détambel sur publie.net, Blasons d'un corps masculin. Déjà au début, cette phrase de Colette, assumée comme un programme : " Je détaillais la montagne avec un goût étriqué, menu, parfois subtil, de myope et de femme… "...
Pour me rendre au Lycée Henri Wallon, j'y vais par Quatre-Chemins, puis j'emprunte l'avenue de la République. La toponymie s'amuse, certainement, de mes dispositions d'esprit, à la fois hésitantes et peut-être, selon certains, un peu naïvement citoyennes...
Politesses de la nudité Appartenances proclamées Nombril déplacé, centrifuge Tranchants intérieurs exhibés et rutilants Si nous savions nous faire les mains réellement si mignardes, si agressives, que seraient nos poignées, que seraient nos caresses?
lien
Jeter les gants, c'est le contraire de jeter l'éponge. C'est prendre le risque de se salir, de manipuler sans l'excuse d'un intermédiaire. C'est se jeter soi-même dans le travail : explication, sans doute, de la maigreur des textes jetés ici. Le chantier...
Voici celles d'électrons (sans doute libres) rentrant avec une tension de 20kV dans un matériau métallique. Que les vôtres, qu'elles soient de volontés, d'images ou d'énigmes, vous produisent autant de bonheurs échevelés.
Nous sommes comptables de notre énergie. Nous savons calculer exactement ce qu'il nous en faut dépenser. Nous passons beaucoup de temps à des réglages infimes, cherchant le climat adéquat pour perdurer. Mais peut-être est-ce cette parcimonie qui finit...
La désignation du doigt signale chez l'enfant, dit-on, qu'il est prêt au langage. J'ai regardé ce gant derrière sa vitrine, attendant un moment qu'il veuille bien enchaîner. J'ai sans doute encore une fois manqué de patience.
Ce soir bien décidée. Gonflée à bloc. Le programme est établi, dès que je m'assieds je ne réfléchis pas, je m'adresse à la personne directement en face de moi, et je lui demande de photographier ses mains. Le métro arrive : vide. Je me console en photographiant...
Désormais nous savons faire autrement. Nous n'avons plus ces faces de paysans butés. Nous savons ce qui s'est passé, quand et où. La taille des blessures nous la connaissons au millimètre près. Sur nos écrans, nous voyons sans avoir besoin de toucher,...
Nathalie Pages n'a pas participé aujourd'hui à la votation sur l'avenir de La Poste. Elle se demande si ce n'est pas dommage.
Depuis longtemps le regard de cet homme me poursuit, et je me sens infiniment redevable de sa promesse, de sa protestation d'honneur blessé.