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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:23


"Dactylographie : comme si nous n’étions jamais parvenu à écrire autrement qu’avec les doigts, quoique ; on nous demande pour nous faire vivre une manifestation manuscrite de notre motivation."


Extrait d'un très beau texte de Pierre Coutelle dans son blog Commettre, sur la machine à écrire, la machine d'avant l'écran simultané, d'avant le copier/coller. Sur la bête machine à écrire synonyme en son temps d'industrialisation de l'écriture et d'aliénation des dactylographes, et aujourd'hui, dans sa péremption, objet de méditation sur ce que nous avons gagné à aller plus vite. Texte séparé en deux parties parce que nous avons le droit de prendre le temps, pour écrire, pour lire, et que ce site est suffisamment beau pour qu'on s'y attarde. 

 machinécrire 1 /  machinécrire 2

(et moi, bien sûr, me touche énormément cette question réactivée du chemin entre la main et le regard : vers quel ruban d'effacement tournaient nos regards quand l'écran n'était pas face à nous? Question, aussi, du jeu entre la manipulation et l'image, maintenant qu'au clavier s'adjoint un écran, et comment faire que ce jeu soit honnête et nous grandisse, comment faire pour que nos mains soit maitresses de leurs actes et que nos regards circulent dans les images qu'ils choisissent, plutôt que de rester fascinés comme des petits lapins dans les phares? Et du coup je re-cite Pierre Coutelle parce que pourquoi s'en priver :

"L’ordinateur est l’immédiateté factice de l’écran, ce que l’on y voit est toujours interprétation, rendu, mise en forme. Plus cela paraît immédiat et simple plus l’écart du produit au rendu est grand.
- Incise : même immédiateté factice du désir marchand, rendre invisible la chaîne immense qui rend une chose désirable à acheter, tout partout, n’avoir qu’à tendre la main, la carte à sortir vers ce scintillement de chalandises. Nous savons pourtant, par Schwob, que sous le masque d’or le roi est mort. -"

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Published by cécile portier - dans A mains nues
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commentaires

Zoë Lucider 28/04/2009 23:26

j'ai dû renoncer à la sensualité de la plume italique, la danse du poignet, pour convertir en tapotements le bruit de ma pensée. Ne suis pas sûre d'y avoir gagné.(j'aime bien votre petite photo)

PhA 28/04/2009 22:39

Tiens, j'ai moins honte de ne taper que de deux doigts et d'encore regarder mon clavier.

cécile portier 28/04/2009 22:59


c'est toujours mieux que de taper, comme moi, très vite avec tous les doigts emmelés, et de passer ensuite beaucoup de temps à enlever les lettres en trop, bon grain de l'ivraie.