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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:16

SAM_0729.JPG

 

Dans cette maison, il y a des endroits sombres, qu'aucune électricité ne vient encore révéler. Bien sûr on peut y pénétrer à la lampe torche, découper des morceaux de réel dans tout ce noir accumulé. On voit alors des dizaines de bouteilles jonchées, remplies encore, pour certaines, d'un liquide épais. Ou bien, dans cet autre endroit, au sol, sous les pieds, une trappe, et sous la trappe aucun escalier, le vide. Mais le faisceau n'abolit pas l'ombre, et quand on sort, qu'on referme la porte, le noir envahit tout l'espace derrière, derrière la porte, mais derrière la tête aussi. On retrouve ces sensations d'enfance, tout ce peuple du noir prêt à surgir derrière n'importe quelle porte inhabitée, cave ou placard à chaussures. Et c'est comme s'il reprenait sa place, le sombre. Sa vraie place impossible à coloniser, juste à côté, contigue à notre propre monde. Et entre nous seulement cette mince porte, et l'iilusion de pouvoir la maintenir réellement fermée.

Cette mince porte, on la pousse toutes les nuits, pour y explorer quoi? Nous en revenons chaque matin aveugle et sourd, seulement peuplé d'indices, et d'une peur sans origine. Alors, on s'étourdit de travail, de lumière, on civilise avec ardeur les pièces à fenêtres.

 

Si vous voulez pousser la porte éveillés, il y a bien ça qui peut servir de pied de biche, le texte que j'ai écrit en janvier 2010, chez Publie.net, et qui vient d'être réédité, en version augmentée, en epub, de quelques textes chuchotés : Saphir Antalgos, travaux de terrassement du rêve,  (et merci à François Bon pour l'occasion donnée de cette nouvelle version).

 

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Published by cécile portier - dans Habitable
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commentaires

ruelles 15/05/2011 01:58


Correspondance forte de nos deux textes du même jour je trouve... M'en vais voir votre Saphir. Bien à vous


cécile portier 17/05/2011 08:19



Oui, j'ai lu bâtiments! J'espère juste que les coins noirs dont je parle ne sont pas les fondations de futurs écroulements, car la maison qui est dessus, je compte bien l'écrire encore un sacré
moment!



gmc 14/05/2011 11:55


si vous pouvez, à l'occasion, jetez donc un oeil ici:
http://lesconstellationsduchat.wordpress.com/


cécile portier 17/05/2011 08:22



je suis allée voir, j'ai aimé, ça y est c'est un signet favori. Merci!



gmc 13/05/2011 22:13


SOMBRE DESIGN

Les éveillés sans porte
Aux pieds de biche aiguisés
Par les traits d'Artemis
Refluent d'ordre en chaos
Rétablissant le plaisir immuable
Sous formes sans copyright
Ou avec si besoin
Mais comme nul besoin
Pas la peine de s'en prévaloir
Seul compte le verre suivant
La trajectoire des comètes
Et l'orbite de tes yeux


cécile portier 17/05/2011 08:18



Je ne sais pas si vous avez vu, en parlant du pied de la biche : http://groomaveugle.blogspot.com/2011/05/effraction.html



Odile 13/05/2011 21:47


Et si ces ténèbres étaient notre lumière et le peuple du noir notre ami...et la mince porte le sphinx de nos horizons "outre-noir", de cette couleur que seul un peintre peut inventer, que seul un
artiste peut voir


cécile portier 17/05/2011 08:17



Le noir, comme condition du voir. Merci pour le sphinx, espérons qu'il ne nous aboie pas trop dessus au passage



delest 12/05/2011 10:03


Les trous noirs sont troublants. Sous nos paupières, point de soleil. L'ombre, meilleure part de nous-même, peut-être la seule, qui sait ? Je pense, donc je suie.


cécile portier 17/05/2011 08:15



L'ombre, un nid pour la pensée. Sous les paupières, c'est vrai qu'il y a ce soleil rouge et pulsatile, qui roule vers un couchant interminable. Une absence envahissante.