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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 21:45



C'est décidé, après le 11 novembre Nathalie se reprend en main, elle doit trouver du travail avant la fin du mois. Elle essaie de mesurer ses chances. Elle essaie de séparer, dans ses chances, ce qui relève de la conjoncture, ce qui relève de sa personne. Sans le savoir elle tourne autour d'un mot, absent de son vocabulaire, absent du dictionnaire. Absent et pourtant puissant, : c'est lui qui synthétise ses chances de trouver bientôt du travail.
Nathalie tourne autour du mot EMPLOYABILITE.

C'est un mot complexe qui se nourrit de plusieurs facteurs.

Des facteurs liés à la personne : certaines données statiques et objectives jouent sur l'employabilité de Nathalie. Son âge moyen n'est pas si mauvais quand on pressent que l'employabilité selon ce critère se déroule dans le temps selon une courbe en cloche, peu employable quand on est jeune,  quasiment plus après 55 ans,  mais elle est déjà sur la pente descendante (c'est un peu un complexe d'origine chez elle). Son appartenance au beau sexe de ce point de vue est un mauvais point, quoiqu'elle sorte de sa période de fécondité, du moins peut-on l'espérer. Sa formation initiale, BTS de comptabilité gestion ce n'est pas tout à fait le Pérou mais ... Les périodes d'inactivités ne sont pas un plus. Certains facteurs dynamiques joueraient en sa faveur : si elle avait suivi de la formation continue, mais ce fut très peu depuis qu'elle travaille en intérim, ses capacités de mobilité géographique sont faibles, sa motivation, fluctuante. 

Mais le mot employabilité se nourrit aussi de facteurs liés au management : organisation du travail, gestion des compétences, dispositifs d'aide à la mobilité, système de formation professionnelle, etc.. Le problème fut surtout pour elle de n'en avoir que très peu, de management, passant de poste en poste comme l'oiseau léger de branche en branche. Pas de nid pour Nathalie.
Quant au marché du travail on sait ce qu'il en est, sa seule chance est que son métier, la gestion, n'est pas en voie de perdition.

Illustration : Trés beau graphique tiré d'un ouvrage en ligne consultable sur www.insep-editions.com , dans lequel il est rappelé, merci, que "le terme d'employabilité ne devrait jamais s'employer seul, sans quoi il renvoie effectivement au seul registre de l'évaluation, du pesage."
Le seul souci c'est que certains mots sont plus lourds que d'autres, quand ils entrent dans un discours c'est tout le discours qui penche, quels que soient les contrepoids imaginés.
Mais cette question de la gravité, au sens premier aussi, des mots, et des nombres, devra être explorée plus attentivement.

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Published by cécile portier - dans Simple Appareil ®
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commentaires

dominique boudou 14/11/2009 16:50


Les mots absents sont lourds par leur manque. Ce graphique, une fois de plus, m'effraie. Quant à la novlangue, elle me tétanise de plus en plus.


cécile portier 14/11/2009 10:01


La novlangue a beaucoup de ressources : c'est une plante à dégénérescence et repousse rapides . Un mot dans le genre qui mériterait une thèse : la flexisécurité.


caro_carito 13/11/2009 23:28


Ca me fait penser que sciences humaines publie un graphique avec l'uitlisation de ces affreux nouveaux mots et leurs baisse de frquentations. On passe de la bravitude à la déséitude...


PdB 12/11/2009 06:12


Corvéabilité. Esclalvagabilité. Evaluation comparative. Performance efficacité lutte marché. Management par le stress. Suicide. Contemporain : bon courage Nathalie.


brigitte giraud 11/11/2009 14:38


Quelques mots plus lourds que d'autres qui font pencher le discours... Très bien vu et si juste. Le lexique est révélateur toujours de son temps, et j'ai bien peur qu'il penche, penche, jusqu'à
l'écroulement du sens des mots sur eux-mêmes et... des hommes.